LES TROIS AVENTURIERS - TOME 1

Mercredi 13 mai 2009

12

LA CEREMONIE D’ADIEU

 

 

- A présent que nous sommes entre nous, nous allons honorer nos morts, annonce gravement le Grand Maître. 

Il se dirige vers le nouvel olivier. Le calme revenu, dans un silence respectueux, pesant, un à un, le nom des héros décédés est prononcé.  Ceux qui se sont sacrifiés leur manquent déjà beaucoup. Ils ont donné leur vie pour sauver la leur. Des héros, oui, mais des héros morts. Les enfants des disparus, alignés au premier rang, un genou à terre, attendent le Grand Maître. Celui-ci, pose une main sur la tête du premier enfant.

- Que la force et le courage de votre père pénètre en vous, que sa réincarnation s’effectue en votre corps et vous permette de vous surpasser tout au long de votre vie. 

Tous les enfants ont le droit au même discours symbolique. En l’honneur de tous les combattants dont le corps n’a pas été retrouvé, une stèle sera construite représentant un vaisseau spatial, avec un homme et une femme ailés, pointant le bras vers le ciel, car à présent c’est de là que viendra le danger.

- Ce sera le premier monument aux morts depuis de nombreuses générations, annonce Lyrisse d’un ton solennel. 

Vincent, à côté de Rissousse, est stoïque, mais Audrey et Elisabeth sanglotent.

- C’est trop triste, à présent, je veux retrouver ma maman et mon papa, dit Audrey.

- Moi aussi… reprend Elisabeth.

Rissousse s’approche d’eux.

- Venez,  nous allons nous préparer pour que je vous reconduise chez vous ! Il vous reste encore  quelques heures avant de repartir, profitez-en pour dire adieu à tous vos amis. Je vais m’entretenir avec le Grand Maître afin d’obtenir l’heure propice en fonction des fuseaux interplanétaires, pour que vous reveniez sur Terre à la même heure que celle de votre départ vers notre belle planète Orwania, ainsi, vos parents ne se douteront jamais de votre voyage que vous avez passé en notre compagnie. Mais sachez mes amis terriens que nous sommes heureux d’avoir fait votre connaissance. Grâce à vous, nous avons survécu au plus grand danger : la guerre. Nous ne vous oublierons jamais.

Wyrisse et Chanysse, les yeux rouges, ne veulent pas faire voir leur chagrin. Rissousse l’avait bien pressenti. Les deux jeunes Orwaniens demandent à Vincent, Elisabeth et Audrey de les accompagner pour dire au revoir à tous leurs amis.

- Nous savions que vous repartiriez un jour, et ce jour est arrivé, quel dommage ! Puis après un long soupir Wyrisse poursuit, notre Grand Maître nous attend près du nouvel olivier.

Tous les cinq rejoignent le Grand Maître.

- Prenez bien soin de vous, sans votre présence, nous aurions été vulnérables. Tous nous vous disons que nous ne vous oublierons jamais, et c’est sincère, proclame t-il. L’heure est arrivée, allez rejoindre Rissousse.

Le Grand Maître pose la main gauche sur la tête de Vincent puis d’Elisabeth, mais Audrey ne peut s’empêcher de lui passer les mains autour du cou et de lui poser un gros baiser sur les joues. Le Grand Maître sourit.

- Ah oui, j’ai entendu parler de votre coutume, ma foi, c’est très agréable. Elisabeth, tu peux imiter Audrey tu sais.

- Avec plaisir, répond Elisabeth, ce n’était pas l’envie qui m’en manquait, mais je suis plus réservée qu’Audrey.

- Ca je l’avais remarqué, poursuit le Grand Maître en embrassant Elisabeth. Et les hommes ils s’embrassent aussi ?

- Les hommes se serrent la main droite, répond Vincent en joignant le geste à la parole. Mais entre membres de la même famille, ils peuvent s’embrasser surtout entre père et fils. Aussi, permettez-moi de le faire également.

Le Grand Maître satisfait de toutes ces marques d’amitié leur souhaite que la chance et le bonheur les accompagnent.

- Je crois qu’avec le temps qu’il vous reste, vous allez le passer à embrasser tous vos amis. Ils sont nombreux.

- Les dernières minutes nous les passerons avec Wyrisse, Chanysse et Siphoste qui nous ont si gentiment accueillis, répond Vincent mais sachez que nous non plus nous ne vous oublierons pas.

- Tu sais Vincent, pour dire bonsoir à nos parents, nous les embrasserons également en souvenir de votre visite et je crois que nous ne serons pas les seuls à pratiquer ces marques d’affection. Mon père vous attend pour votre départ, il faut donc y aller...

Après quelques instants pour dire au revoir à tout le peuple d’Orwania, les trois aventuriers sont prêts à embarquer.

- Ah, au fait Vincent, souligne Rissousse, je suis très fier de tes progrès en télépathie. Si tu le veux, tu pourras toujours rester en contact avec nous et… avec Wyrisse par la même occasion, ne l’oublie pas ! Surtout, enseigne cette forme de communication à Elisabeth, elle en aura besoin un jour. Et qui sait vivrez-vous peut-être une prochaine aventure avec nous ! 

- Nous en serons ravis ! déclarent ensemble les trois aventuriers.

Le voyage du retour se passe comme prévu. Ils arrivent sur Terre à la même heure que celle du départ pour Orwania. Aussitôt atterris, Audrey, Elisabeth et Vincent embrassent très fort Rissousse pour lui dire Adieu. Tous les quatre sont très émus de cette séparation, ils espèrent se revoir un jour. Puis les trois aventuriers descendent du vaisseau spatial, un dernier salut de la main et Rissousse, seul à bord de son appareil, le cœur gros, disparaît dans la nuit parsemée d’étoiles…

Rapidement, les trois jeunes pénètrent dans leur maison, montent les escaliers, entrent dans leur chambre après s’être embrassés et souhaités une bonne fin de nuit. Ils s’endorment épuisés par cette folle aventure…

 

FIN DU PREMIER TOME

LES TROIS AVENTURIERS - UN MONDE EN DANGER

Par plume2cristal
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Mardi 5 mai 2009

11

TEMPETE

 

Au village de Rissousse, les Nacoubas regardent les petites chaises qui ne leur inspirent pas confiance et préfèrent s’asseoir à terre, aussitôt imités par les habitants des villages. La nourriture commence à circuler quand les prisonniers, les enfants de l’Empereur défunt, quelques femmes et hommes sages ainsi que le Grand Maître font leur apparition. La rencontre entre les Nacoubas fait couler des larmes sur les joues des prisonniers. 

- Jamais nous ne pensions vous revoir, ici c’est peut-être un petit paradis mais pour nous, rester sans nouvelles de nos proches devenait insupportable, de plus, avec le mal que nous leur avons fait, nous n’étions pas particulièrement aimés, confie un prisonnier Nacoubas. 

- Nos amis Orwaniens nous laisseront partir après le repas annonce le responsable de la mission. Nous ne connaissons pas la situation sur Nacouba, aucun renseignement sur quoi que ce soit n’a filtré. Keplok, le nouveau Commandant du vaisseau impérial a dû entrer en communication avec eux. Nous en saurons plus une fois que nous serons arrivés à bord.

Lyrisse, le maître du village demande aux prisonniers de s’asseoir parmi eux. Les villageois leur font un accueil poli, sans plus. Ces huit Nacoubas étaient des combattants, et non des révoltés contre l’Empereur. Tout le monde se régale quand un avertissement les met en garde : attention danger, tempête.

Ce sont des pêcheurs qui ont vu arriver à l’horizon les gros nuages annonciateurs de fortes pluies. Avant ils avaient remarqué un ciel rose foncé avec des traces rouges, signal de vents plus ou moins violents. D’ailleurs les barques reviennent sur la plage très rapidement. Au village, l’alerte donnée, tout le monde se lève, emporte chaises, tables, nourriture. Les Nacoubas étonnés, apprennent qu’une tempête arrive. Ils doivent rejoindre la salle des fêtes pour se mettre à l’abri. Les fenêtres et les portes des maisons sont fermées, chacun vérifie si rien ne peut s’envoler et provoquer des dégâts. L’orage gronde et se rapproche de plus en plus.

- C’est pour nous, dit Rissousse qui se trouve entouré de sa famille, Vincent, Elisabeth, Audrey, les Nacoubas et les quelques hommes et femmes sages qui les avaient accompagnés.

Ils attendent patiemment la fin de l’orage, particulièrement violent. Soudain, ils sont prévenus que des enfants sont dehors, bloqués, plusieurs blessés ne peuvent se dégager. Ils se sont fait surprendre par la chute d’un arbre. Les trois aventuriers voient Rissousse pour la première fois perdre son sang-froid et se mettre en colère. Elisabeth veut lui faire comprendre que c’est un simple accident mais Rissousse lui répond sèchement.

- Ils pèsent environ 18 kg. Par un vent pareil, comment vont-ils s’en sortir ?

Gréterk interpelle Rissousse.

- Nous mesurons entre 2,30 m et 2,50 mètres et pesons 180 à 200 kg, pour nous ce vent n’est pas dangereux et ne nous mettra pas dans une situation catastrophique. Laissez nous y aller, ça ne rachètera pas tout le mal que nous vous avons fait mais nous pourrons espérer votre pardon.

- Vous ne savez pas où ils sont ! s’emporte Rissousse.

- Mais moi je sais, affirme Vincent. Ce n’est pas très loin. Nous y étions tous ensemble à la pêche.

- Vite, il n’y a pas de temps à perdre. Monte sur mon dos et tiens-toi bien à mon cou, annonce Gréterk à Vincent.

Les prisonniers partent tandis que les autres restent à l’intérieur de la salle. Au besoin, Vincent donnera l’alerte en utilisant la télépathie. En cas de problème, Rissousse pourra intervenir avec les autres Nacoubas restés avec lui.

Les huit hommes partent en courant. Le vent est violent mais leur poids les avantage. En peu de temps, ils se retrouvent sur place. Les enfants apercevant les Nacoubas s’affolent. Vincent les rassure immédiatement, l’un des Nacoubas protège trois enfants qui ne voulaient pas abandonner leurs amis, ils ont bien essayé de les tirer et de soulever les branches mais c’était trop difficile.

Les Nacoubas enlèvent l’arbre responsable. Aussitôt, après avoir soulevé le tronc, Vincent se renseigne des blessures d’un enfant et l’aide à se mettre debout. Le petit Orwanien marche en boitant, sans qu’il ait de lésions importantes. Quant aux quatre autres enfants, ils ne peuvent pas marcher ; un a la jambe cassée. Les jeunes Orwaniens demandent aux Nacoubas de cueillir des grosses feuilles rigides pour fabriquer une gouttière qui  maintiendra la jambe cassée du blessé.

Un deuxième a son aile abîmée et une entaille à la cuisse. Les deux derniers ont également des coupures plus ou moins importantes sur les membres supérieurs et inférieurs.

Toutes les blessures sont nettoyées et désinfectées grâce à des plantes médicinales que les jeunes Orwaniens ont cueillies avec l’aide de leurs bienfaiteurs. Ils prennent aussi des herbes à mâcher pour soulager leur douleur.  

Les puissants Nacoubas emportent chacun un frêle enfant et se mettent en position pour le retour, Vincent s’entoure des colosses pour se protéger du vent.

Tout heureux, il a déjà contacté Rissousse pour lui affirmer que tout était parfait. Celui-ci le félicite de ses progrès de communication.

En chemin, un des enfants blessés, demande à son porteur avec des sanglots plein la voix :

- Pourquoi vous avez tué mon père ? Nous étions si heureux ensemble.

Le Nacoubas ne sait que répondre. Ainsi il portait un petit orphelin, un enfant dont il avait tué le père. Pas lui bien sûr puisqu’il avait été fait prisonnier sitôt atterri sur la planète Orwania mais les autres envahisseurs, ses frères d’armes. Il doit lui répondre… Enfin, après quelques hésitations, il lui dit :

- C’est pour cette raison que tu n’es pas venu au village ?

- Oui, les pêcheurs aussi d’ailleurs. Nous connaissions nos disparus, c’étaient les enfants de pêcheurs et aussi nos pères. Nous ne pouvions nous réjouir avec les nôtres qui revenaient sains et saufs. Sans vous, nous aurions assisté à leur retour car nous sommes heureux pour eux mais avec vous, c’était au dessus de nos forces.

Le Nacoubas explique.

- Mes deux frères se sont fait tuer. Je n’ai rien à dire puisque nous étions responsables de cette guerre. Mais lorsque je vais me trouver en face de mes parents et que je leur expliquerai la disparition de leurs fils, ils auront aussi beaucoup de chagrin. Les guerres sont toujours désastreuses…

Le vent, petit à petit, diminue d’intensité mais l’orage frappe fort. Au moment où la porte de la salle des fêtes s’ouvre pour laisser entrer les blessés et leurs porteurs, un éclair déchire le ciel en zigzagant suivi presque immédiatement du fracas du tonnerre. 

- Il n’est pas tombé loin, annonce Elisabeth qui se précipite à la fenêtre, suivie d’Audrey.

- Oooooh ! prononcent-elles totalement désolées.

- Que se passe-t-il ? demande Rissousse.

- C’est catastrophique, murmure Audrey, l’olivier est mort.

Rissousse n’en revient pas. Le principal est de soigner les enfants. Les femmes sages se chargent de cette tâche, elles ont l’habitude. Ensuite tout le monde se hâte vers la fenêtre et restent consternés.

Le vent et l’orage se sont éloignés. Rissousse prévient le Grand Maître parti vérifier les dégâts.

- Notre olivier a été foudroyé.

Lorsque le Grand Maître arrive, tous les villageois discutent devant cette catastrophe, ils s’effacent pour lui laisser le passage. A la vue des dégâts, il a l’air totalement effondré.

- Ce n’est pas possible, balbutie t-il, quel malheur… quel malheur… Nous allons devoir l’arracher.

Audrey lui prend la main, le regarde et essaie de lui faire partager son analyse de la situation.

- Je suis d’accord avec vous, c’est triste, mais il vaut mieux que ce soit lui plutôt que nous tous, vous ne croyez pas !

Cette simple réflexion d’une enfant fait réagir le Grand Maître.

- Je crois que j’ai accordé trop d’importance à ce fait, déclare t-il. Tu as raison Audrey, nous aurions pu connaître pire.

- De plus, il y a un petit olivier derrière, il n’est peut-être pas mort, ajoute Audrey.

- Comment sais-tu ça toi, s’étonne le Grand Maître.

- Lorsque nous sommes arrivés, explique Audrey, nous avons visité le village avec Lyrisse, le maître de Rissousse. 

- Nous sommes le maître d’un village, pas d’une personne, rectifie Lyrisse.

- Oui… enfin vous me comprenez, reprend Audrey. Et se tournant vers Lyrisse, vous nous avez dit de ne pas aller derrière l’olivier.

- Et alors, Audrey ? s’inquiète Lyrisse.

- Bah, j’ai été voir pourquoi, et là j’ai vu une petite pousse accrochée à une racine. 

- Tu as eu de la chance, s’exclame Lyrisse en colère. Souvent un cobra venait dormir justement derrière l’olivier et en général, il n’aime pas être dérangé.

- Oh, oui, je sais, il a levé la tête, m’a regardé et il est parti.

Le Grand Maître prend sa tête avec ses deux mains.

- Je renonce à comprendre le fonctionnement de sa réaction vis-à-vis des ordres donnés… Mais c’est une bonne nouvelle, nous allons étudier cette pousse avant d’arracher l’olivier. 

- Peut-être pouvons-nous sauver le petit olivier, ajoute Elisabeth.

Puis après réflexion, elle continue.

- Pourquoi ne pas en planter un deuxième avec les Nacoubas pour sceller  une alliance ?

Si les Nacoubas sont d’accord pour cette proposition, il n’en est pas de même pour les Orwaniens.

- Cet olivier nous rappellera continuellement le drame que nous avons enduré, déclare un Orwanien, meurtri par le décès de son fils.

Certains sont d’accord, d’autres non. Le Grand Maître intervient.

- Ce nouvel olivier, justement, nous empêchera d’oublier ce qui s’est passé. Pour les générations futures, ce sera la preuve qu’il ne faut jamais baisser la garde et qu’ils devront surveiller sans relâche le ciel, afin de ne pas être surpris comme nous l’aurions été si nos amis terriens ne nous avaient pas rendu visite. Et rapidement en souriant, il précise, et si Audrey n’avait pas eu ce caractère rebelle. 

Vu de cette manière, les Orwaniens acceptent.

Les Nacoubas font un trou avec leur propre pelle, qui fait partie de l’équipement indispensable et permanent de leur vaisseau.

Le nouvel olivier sera planté face à celui qui vécut plus de sept siècles. Ils vont prélever un jeune olivier. Le Grand Maître pose sur les racines une poudre blanche pour aider celui-ci à mieux reprendre et les Orwaniens le plantent avec beaucoup d’émotion car un magnifique arc en ciel illumine le ciel d’une façon féerique. Ces hommes, hier encore ennemis, admirent ensemble ce phénomène de bon augure. 

Les Nacoubas sont à présent prêts à partir. Les enfants blessés veulent dire au revoir à ces hommes qui ont bravé la tempête pour eux. Les Nacoubas surpris et heureux de les apercevoir leur envoient des baisers de la main en leur disant : 

- Vous nous avez pardonné, enfin nous sommes soulagés.

Les trois aventuriers se présentent aussi pour leur dire au revoir.

- Vous savez, lorsqu’on vous a vu la première fois, avoue Audrey d’un air sérieux, on vous a trouvé moches et s’il faut le dire en vrai, même affreux. Mais maintenant, on ne vous trouve pas si mal que ça !

Le Grand Maître reste choqué par de tels propos. Cependant, venant d’Audrey plus rien ne l’étonne. 

- Nous vous regardions avec les yeux de la haine, lorsque la haine disparaît, le regard n’est plus le même, s’empresse d’ajouter le Grand Maître.

Les appareils sont mis en marche. Les vaisseaux se soulèvent doucement, et au hublot, les anciens envahisseurs et les deux enfants de l’Empereur font de grands signes et s’éloignent pour retourner enfin chez eux, sur leur planète Nacouba.  

Par plume2cristal
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Mercredi 29 avril 2009

10

VERS UN NOUVEAU DEPART

 

Catastrophé, à la vue de ces corps, le Nacoubas se dirige vers les anciens appartements de l’Empereur. Il se retrouve face au va-et-vient des femmes et des enfants blessés que l’on transporte vers la salle à manger après avoir reçu les premiers soins.

A présent, tous sont au courant de la situation. Les soldats qui se trouvent dans la salle des commandes en sureffectif, descendent vers les cellules pour offrir leurs services.

Un enfant particulièrement agité est pris en charge par Rissousse. Ce dernier lui parle doucement, lui demande de regarder ses yeux et frotte du bout des doigts de sa main gauche le dessus de sa tête à l’endroit où se trouvait la fontanelle. L’hypnose est réussie. Le chirurgien peut à présent travailler.

- Entre les blessés de l’attaque de l’Empereur et ici, nous n’avons plus d’antiseptique et de morphine, s’inquiète un infirmier Nacoubas. Trois femmes sont décédées, la femme de l’Empereur, sa sœur et sa mère. D’autres suivront si nous ne recevons pas de médicaments. 

- Tous mes hommes ont ce qu’il faut, riposte Rissousse. Si vous pouvez les faire venir à bord, ils apporteront notre médecine.

- Nous n’avons pas le choix, de toute façon nous sommes à votre merci, reconnaît le Commandant Keplok. Après ce que nous vous avons fait endurer, accepteront-ils ? Et votre Grand Maître, lorsqu’il sera au courant de votre initiative, que va-t-il dire ? poursuit-il.

- Mais mon Grand Maître sait déjà tout ce qui se passe ici, souligne Rissousse. Je ne me permettrais pas de transgresser un ordre.

- Mais comment allez-vous les prévenir ? demande le Commandant Keplok.

- C’est fait, ils savent combien il y a de blessés, avec la pharmacie de deux appareils ce sera suffisant.

Les deux astronefs font des manœuvres d’approche. Ils se posent sur la plate forme du vaisseau impérial à un endroit bien déterminé. Lorsque la partie de la plate-forme s’abaisse, les Orwaniens paniquent un peu mais ont cependant toute confiance en leur responsable. Ils savent très bien que Rissousse ne les attirerait jamais dans un endroit dangereux.

Les huit hommes suivent leur guide et arrivent dans la pièce qui servait de salle à manger et qui maintenant est un véritable hôpital. Quatre d’entre eux restent avec les blessés pour nettoyer leurs plaies et soulager leurs souffrances.

Les quatre autres descendent vers les cellules. Sans un mot, ils sortent leurs produits et des bandes fabriquées à base de toile d’araignée.

Deux garçons particulièrement agressifs ne veulent pas se faire soigner et insultent même leurs bienfaiteurs. Le Commandant Keplok est horrifié du comportement de ces deux enfants.

- Qui sont-ils ? demande Rissousse.

Le Commandant gêné, avoue que ce sont les deux enfants de l’Empereur, Blork qui a six ans et Klourk, sept ans. 

- Nous allons nous occuper d’eux, mais ils devront accompagner vos soldats qui viendront chercher les prisonniers dans notre village. Notre Grand Maître les guérira définitivement de leur agressivité.

Les deux Orwaniens regardent les enfants dans les yeux. Petit à petit, l’irascibilité est moins prononcée. Ils se calment et se laissent soigner normalement. Le Commandant Keplok n’en revient pas et demande des explications à Rissousse.

- Mes hommes ont imposé leurs volontés mais ce sera de courte durée. La hargne qui les habite est impressionnante. Ils vous causeront de gros problèmes, et adultes ils seront aussi dangereux que leur père. Vous savez, continue Rissousse, vos huit prisonniers sont libres, ils font ce qu’ils veulent, ils cherchent même à aider nos hommes et femmes sages dans leurs différents travaux. Ils se renseignent sur notre mode de vie, notre médecine, notre nourriture…

- Huit seulement ? s’étonne le Commandant Keplok. Ils ne sont pas enfermés ?

- Il n’y a aucune raison, ils sont très pacifiques mais malheureusement nous avons nos disparus et ça nous avons du mal à pardonner, les voir continuellement devient de plus en plus pénible pour notre peuple. C’est pour cette raison que vous devez aller les chercher très vite. Bon, tous les blessés sont à présent hors de danger. Quant aux morts, placez-les dans vos sacs en plastique, et mettez-les dans une chambre froide, ainsi vous pourrez les ramener sur votre planète. Repartez chez vous, déclare Rissousse. Seuls deux de vos vaisseaux nous accompagneront pour récupérer vos huit hommes. Tous les autres sont au royaume de la nuit éternelle. Depuis des générations et des générations, nous n’avions pas été confrontés à pareille horreur. Notre Grand Maître vous fait parvenir par ma voix, le souhait que vous repreniez toute situation en main. Votre révolte était légitime. Il vous faudra beaucoup de temps pour reconstruire votre planète. Ne répondez pas à la haine par la haine, essayez de comprendre et de raisonner ceux qui veulent se battre. La souffrance et la misère sont bien souvent responsables d’actes de violence, combattez-les. Que votre courage soit récompensé, Messieurs, adieu… 

De son village, le Grand Maître prévient les habitants qui restent enfermés à cause  de la situation. Tous ont hâte de retrouver ces combattants, membres de leur famille ou de leur village. Ils savent aussi que des Nacoubas viennent chercher leurs prisonniers et cela les inquiète même si les maîtres des villages ont beau dire qu’il n’y a pas de danger.

- Vincent serait là, il dirait on ne sait jamais, affirme un Orwanien. Nous voulons garder nos armes et nous ne les rendrons que lorsqu’ils seront repartis.

Les Orwaniens atterrissent les premiers et descendent sous les ovations de leurs amis. Les familles sautent au cou des héros. Les Nacoubas les suivent, leurs appareils stoppent mais l’accueil n’est pas le même, des hommes armés les entourent. Les Nacoubas savent qu’au moindre geste ils n’existent plus. Rissousse va à leur rencontre et leur demande de descendre. Le Grand Maître regarde ces gaillards étonnés de se trouver ici dans de telles conditions. 

- Vous avez deux enfants à soigner je crois, ils vont venir avec moi, nous reviendrons avec les prisonniers.

Le Grand Maître prend les enfants par la main.

- Venez les enfants, ne craignez rien. Il ne vous sera fait aucun mal, assure le Grand Maître. Vos blessures vont beaucoup mieux, à ce que je vois.

- Ils vont se battre ? demandent les enfants d’un air inquiet.

- Mais non, entre gens de bonne intelligence, il y a toujours un moyen d’échanger sans brutalité. Puis le Grand Maître s’éloigne avec les deux enfants de l’Empereur.

 

Rissousse est étonné de la réaction de ses compatriotes. Pendant des générations, ils ont fui la violence et là, en quelques semaines, ils sont devenus de vrais guerriers.

- Je vous présente des Nacoubas courageux qui se sont battus à nos côtés, explique Rissousse. A présent, toutes leurs armes sont neutralisées. Ils ont tenu tête à leur Empereur, l’ont emprisonné mais celui-ci s’est échappé grâce à un de ses fidèles. Plusieurs d’entre eux ont payé de leur vie cet acte de courage. Si l’Empereur n’avait pas été neutralisé nous ne serions peut-être pas ici mais au pays de la nuit éternelle. Et vous, il vous aurait massacré car il aurait tout fait pour envahir notre monde. A présent qu’il est mort la paix est revenue. L’un d’entre eux a même sauvé la vie de Vincent.  

- C’est vrai ? s’écrient Elisabeth, Audrey et Wyrisse.

- Et oui, c’est vrai, il s’est jeté devant moi, affirme Vincent. C’est lui qui a été gravement blessé, les siens l’avaient condamné et grâce aux soins de Rissousse, il a échappé à la mort.

Les trois filles se précipitent sur Vincent, ce qui fait sourire tout le monde et décontracte l’atmosphère. Les Orwaniens baissent leurs armes et invitent les Nacoubas à venir dans leur village.

- Nous allons ranger les armes, déclarent les Orwaniens qui s’envolent jusqu’à la grotte sous les regards médusés des Nacoubas.

Des tables arrivent de tous côtés pour fêter le courage de ces hommes qui comme eux ont subi la tyrannie de ce cruel despote. Le Grand Maître a conduit les enfants dans le laboratoire du village des hommes et des femmes sages. Tandis qu’une femme sage s’occupe de Blork, six ans, Klourk, sept ans suit docilement le Grand Maître qui le fait asseoir sur une chaise, le regarde bien dans les yeux, lui parle doucement. L’enfant hypnotisé est prêt pour l’opération. Le Grand Maître se munit d’une longue épine de cactus, la plonge dans un liquide spécial tout en continuant à parler à l’enfant endormi artificiellement. A la base du crâne avant la première vertèbre cervicale, il enfonce cette épine qui doit atteindre le cerveau et localiser la cellule responsable du caractère belliqueux de cet enfant. Le Grand Maître suit par visualisation mentale le parcours de l’épine. Il ne doit pas faire d’erreur sinon la vie de l’enfant sera un calvaire. Le travail accompli, il retire méthodiquement l’épine, il parle toujours à l’enfant jusqu’au dernier moment. Enfin, l’opération  terminée,  Klourk reprend conscience.

- Je n’ai presque rien senti, admet Klourk. J’ai été courageux ?

- Très, répond le Grand Maître qui se prépare pour la seconde opération. J’espère que ton frère sera aussi patient que toi.

Il sort tout souriant. Blork, mis en confiance par les paroles de son frère suit le Grand Maître sans protester. L’opération effectuée sur les deux enfants, le Grand Maître les conduit près des prisonniers. Leur rencontre est émouvante. Les enfants expliquent aux soldats qu’ils sont venus les chercher, que l’Empereur, leur père est mort ainsi que leur mère.

- Venez, dit Klourk. Nous allons mener une nouvelle vie… espérons sans violence.

Quelques femmes et hommes sages les accompagnent au village de Rissousse. 

Par plume2cristal
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Mardi 14 avril 2009

9

L’EMPEREUR DECHU

 

 Les pertes sont sévères d’un côté comme de l’autre. Vincent, malheureux de voir ses compagnons se faire tuer, est transfiguré par la rage, son souffle devient rapide, bruyant, des larmes coulent sur ses joues. Les hommes ailés, surtout Rissousse, sont ébahis de sa transformation et essayent de le calmer.

-  Attention Vincent, dit Rissousse, ta haine risque de perturber ton tir.

- Pas de danger ! répond Vincent en s’appliquant à viser un adversaire, qui, touché, explose dans une gerbe de feu. 

Des ordres fusent du vaisseau empereur.

- Cessez le tir et alignez-vous sur nous ! Je vous répète, cessez le tir et alignez-vous sur nous.

Surpris les Nacoubas pensant à une ruse pour mieux surprendre les Orwaniens, se replient près de leur vaisseau impérial pendant que les rebelles cherchent à entrer en contact avec leur ennemi Orwanien pour faire cesser le combat à tout prix.

- Nous voulons la paix, dit le Commandant Keplok. Nous avons neutralisé notre Empereur. Il est à présent notre prisonnier, je répète nous voulons la paix !

Un des Nacoubas fidèle à son Empereur refuse le pacte avec l’ennemi et veut reprendre le combat. Il est immédiatement abattu par les siens qui en ont assez de tous ces combats qui ne mènent visiblement à rien.

 

Après avoir pris conseil auprès du Grand Maître, Rissousse accepte de parlementer. Il est invité à se poser sur la plate-forme du vaisseau impérial, à une place désignée. Rissousse s’exécute, non sans une certaine appréhension. Toujours par télépathie, il a ordonné à ses amis de tirer pour supprimer le vaisseau ennemi même si lui et les siens prisonniers sont dans l’impossibilité de repartir. Toutefois il reste en contact permanent avec eux. Le Grand Maître donne également son accord et espère que tout se passera bien et que Rissousse, Vincent et leurs compagnons retrouveront le chemin du village.   Les moteurs éteints, ils ont la surprise de descendre avec une partie de la plate-forme. L’avant de l’ascenseur touche le sol tandis que l’arrière reste légèrement élevé, ce qui permet à l’appareil de rouler doucement. Sitôt libéré cet ascenseur se relève pour refermer le plafond.

- Là nous sommes vraiment à leur merci, s’inquiète Vincent. 

Ils sont invités à suivre des soldats très calmes et même souriants. Rissousse demande à deux de ses hommes de rester dans l’appareil, ils communiqueront comme d’habitude.

Rissousse et Vincent accompagnent leurs guides. Ils empruntent un escalier et se retrouvent dans un vaste hall joliment fleuri. Un Nacoubas ouvre une porte, la pièce est meublée luxueusement, garnie de tableaux, de statues ainsi que de vases de grande valeur qui prouvent le bon goût mais aussi l’amour du luxe et pour Rissousse l’inutilité. Ils sont maintenant présentés au Commandant rebelle, Keplok. Celui-ci règle son décodeur vocal et s’adresse aux deux arrivants.

- Je suis le Commandant Keplok. J’ai pris la responsabilité de cette flotte. Nous avons mis en prison l’Empereur et sa famille qui nous ont conduits vers le plus grand désastre. Nous vous félicitons pour votre courage et nous vous demandons l’arrêt des combats. Nous acceptons d’être vos prisonniers mais sachez que sur Nacouba, des hommes, des femmes et des enfants souffrent sans personne pour les diriger. A force de faire la guerre à tous les peuples de notre planète afin de les soumettre à la volonté de notre Empereur, nous avons tout détruit et nous allions faire la même chose chez vous si vous ne nous aviez pas stoppés.

Rissousse a bien étudié cet homme, il doit être sincère.

- Notre Grand Maître vient de me prévenir qu’il ne désire pas de prisonnier, dit Rissousse. Il accepte que vous fassiez demi-tour pour retourner chez vous. Nous vous demandons simplement de venir chercher huit prisonniers qui se trouvent dans notre village,  ils sont complètement désoeuvrés et inspirent pour notre peuple un sentiment inconnu jusqu’alors : la haine.

Le Commandant Keplok est étonné de la réponse de Rissousse. Comment est-il entré en communication avec son Grand Maître ? Décidément, ces gens resteront une énigme pour lui.

Pendant que Rissousse et le Commandant Keplok parlementent, un homme rend visite au gardien qui surveille l’Empereur et sa famille prisonnière. La prison est un endroit difficile d’accès, assez froid, sans confort. Une table et une chaise meublent la pièce du garde. Sur le mur, une planche sert d’étagère avec quelques gobelets, des écuelles en métal, des pichets. Une réserve d’eau est accrochée au mur. Normalement très peu d’eau et de nourriture étaient données aux prisonniers mais là, on faisait exception, on traitait mieux l’Empereur et les siens que celui-ci ne traitait ses prisonniers, souvent enfermés pour des pacotilles. Cette visite rend le gardien tout heureux. En général, personne n’aime venir ici, mais la situation est particulière. Tous les deux commencent à rêver à la fin de ce cauchemar. Ils espèrent que les Orwaniens les laisseront repartir chez eux sans trop de peine. Ils critiquent l’Empereur et ses méthodes néfastes. Le visiteur a même apporté une boisson alcoolisée pour fêter la paix. Joyeusement, ils trinquent et se voient déjà entourés par leur famille. 

- Bon, je vais retourner à mon poste pour savoir ce qu’il en est, annonce le visiteur.

Il passe derrière le gardien sans défense et lui assène un coup  sur la tête avec sa bouteille en grès. Celui-ci s’écroule sans un cri. L’individu lui prend ses clés et se dirige vers les prisonniers de marque. 

- Vite, s’exclame t-il. Le Commandant pactise avec les Orwaniens.

- Les femmes et les enfants resteront ici en attendant notre victoire, ordonne l’Empereur qui en profite pour féliciter ce fidèle soldat.

Mais la femme de l’Empereur, habituée au luxe et à se faire servir comme une princesse n’est pas de cet avis. Elle veut regagner ses appartements immédiatement, ne plus rester sur cette paillasse infecte, sans confort et sans hygiène.

- Un bon bain parfumé, réclame t-elle, quel bonheur !

Les autres femmes, plus raisonnables réussissent à la convaincre. Une quinzaine d’hommes remontent doucement l’escalier. Le soldat ouvre la marche. Il a réussi à cacher des armes avant de rendre visite au gardien.

Le premier obstacle est franchi, sortir des cellules. A présent, il faut récupérer les armes, ce qui se fait très rapidement.

- Nous allons monter jusqu’en dessous de la plate forme, passer par l’escalier qui conduit à la salle à manger, nous nous préparerons dans le hall d’entrée. Tous ceux qui seront abattus devront être cachés immédiatement. Il faut ramener plusieurs indécis, conseille le soldat, responsable de l’évasion de l’Empereur. 

Les hommes prennent les équipements et les costumes militaires aux imprudents, qui, sans méfiance, tombent dans leurs mains en voulant se défendre et non se soumettre. Plusieurs hommes convaincus les rejoignent. Ils commencent à former un petit groupe d’une trentaine de personnes.

- L’effet de surprise et leur occupation à parlementer avec l’ennemi vont nous être favorable. Nous allons reprendre les commandes du vaisseau et anéantir tous ceux qui veulent nous tenir tête, lance l’Empereur.  

Un des deux hommes de Rissousse resté dans l’appareil, descend pour se rendre compte de la situation. Il voit un individu monter l’escalier, regarder à droite puis à gauche, semblant se dissimuler. Aussitôt, il prévient son ami resté à son poste et revient se cacher. Le deuxième Orwanien se précipite vers une autre cachette. Heureusement, car les anciens prisonniers se dirigent vers leur appareil.

- Il n’y a personne, constate l’Empereur. Ils doivent être tous en bas, tant mieux ce sera plus facile. Dix hommes vont descendre, et nous, nous nous rendrons dans la salle des commandes pour donner l’ordre d’abattre ces maudits Orwaniens qui nous ont tenu tête. L’effet de surprise nous sera favorable.

Sur ces mots, l’Empereur, le sourire aux lèvres, se dirige vers la salle des commandes.

Quand Rissousse annonce au Commandant Keplok que l’Empereur a été libéré et qu’il se dirige vers la salle des commandes avec dix huit hommes bien décidés et qu’également douze hommes descendent l’escalier pour les abattre et reprendre le pouvoir, le pauvre Keplok n’en revient pas. Rissousse le regarde en colère et lui demande de donner des ordres à ses hommes complètement décontractés et insouciants et de prévenir la salle des commandes de cette attaque imminente. 

La surprise passée, le Commandant informe rapidement ses hommes et veut téléphoner à son remplaçant mais les fils ont été sabotés. Le Commandant panique.

- Impossible de les prévenir, annonce t-il en essuyant son front perlé de sueur.

- J’ai donné des conseils à mes deux compagnons, ils feront le nécessaire, assure Rissousse.

Vincent a reçu l’ordre de régler son pistolaser afin de blesser et non de tuer l’adversaire. Il peut donc viser et tirer sans état d’âme.

- Attention !

A ce moment la porte vole en éclat et les fidèles de l’Empereur font irruption dans la salle comme des diables.

Des coups de feu tirés des deux camps partent en même temps. Un homme de l’Empereur tire sur Vincent mais un Nacoubas se jette devant lui pour le protéger et reçoit la balle.

Les fidèles de l’Empereur sont surpris. Ils devaient facilement être victorieux de tous ces traîtres et ce sont eux qui sont tués ou blessés. Un combat éclair…

Le Commandant regarde Vincent soutenant la tête du blessé. Un docteur Nacoubas se penche sur lui mais ne laisse aucun espoir. Vincent supplie Rissousse.

- Tu peux, je t’en prie !

Le Commandant admire Rissousse et se demande d’où il tient son pouvoir de divination et comment un être si petit vis-à-vis d’eux et que l’on a envie de protéger peut être si puissant et supérieur à eux qui se croyaient invincibles.

- Je vais essayer, souffle Rissousse qui s’accroupit devant le blessé.

Le docteur est persuadé que tout est fini. Il voit Rissousse poser une main sur son cœur et l’autre sur le cœur du blessé pendant une longue minute. Ensuite Rissousse désinfecte la blessure, prend un petit tube dans sa poche à l’intérieur duquel se trouvent un liquide et une épine qu’il enfonce dans la blessure. Avec une petite pince, délicatement, il retire la balle et verse le reste du liquide contenu dans le tube sur la plaie. Un gémissement sort de la bouche du colosse allongé.  

- Ne le bougez pas, ordonne Rissousse. Mettez-lui quelque chose sous la tête mais laissez-le ici pendant quelques heures.

Regardant le docteur, Rissousse plaisante.

- Vous verrez que d’ici peu votre soi-disant mourant sera debout, pas en forme c’est sûr mais il pourra se déplacer légèrement, et dans dix jours ça ne paraîtra plus.

Le docteur des Nacoubas se renseigne du produit contenu dans le tube.

- Vous voulez voler nos secrets, fait remarquer Rissousse, en riant. C’est tout simplement de l’huile de millepertuis mélangée avec une herbe analgésique ce qui facilite la cicatrisation et supprime la douleur. Nous devons ces remèdes à notre Grand Maître et à tous les femmes et hommes sages.

Tandis qu’un premier groupe d’hommes de l’Empereur attaquent les partisans de la paix, l’Empereur et ses acolytes se dirigent subrepticement vers la salle des commandes. Déjà les hommes de Rissousse ont neutralisé deux retardataires. L’Empereur méfiant place deux guetteurs  dans certains lieux afin qu’ils donnent l’alerte ou qu’ils suppriment ceux qui se déplacent dans ce secteur leur appartenant désormais.

Les sympathisants de l’Empereur, en faction, sont anéantis chacun leur tour. L’Empereur commet sa dernière erreur. Il donne l’ordre à ses hommes de tirer sur les nouveaux responsables pour impressionner les leurs qui se sont rebellés et pour les faire revenir dans le droit chemin. Entendant un tel ordre, les deux Orwaniens tirent et abattent l’Empereur et ses fidèles. Sans bruit et sans que personne ne les voit, ils retournent dans leur appareil et attendent la suite des évènements. Rissousse a toujours suivi les péripéties de ses hommes grâce à la télépathie. 

- Commandant Keplok, nous pouvons continuer notre conversation, la salle des commandes est sauvée, fait observer Rissousse. Faites retirer les cadavres. Pour la suite de votre mission, c’est mieux ainsi. L’Empereur était un être incorrigible, il n’aurait jamais changé, et prisonnier, ses fidèles vous auraient sans arrêt attaqués pour le libérer. Il reste les femmes et les enfants. Je souhaite qu’ils vous suivent sans chercher à vous nuire.

 

Dans la prison, le gardien s’est relevé, tout éberlué, ne comprenant pas ce qui lui est arrivé. Le sang coule de sa tête et sa vue est troublée. La femme de l’Empereur, méprisante, lui adresse des mots blessants.

- Idiot ! Tu t’es bien fait avoir, mon mari a repris les commandes. Lorsqu’il reviendra pour nous sortir de là, tu auras les soins que tu mérites.

Le blessé comprend mal. Il veut se venger, il arme son fusil et tire dans la direction des cellules à l’aveuglette, sans distinction. Il entend le hurlement des femmes et des enfants mais continue son geste fou puis l’homme s’écroule sans vie sur le sol. C’est le silence complet, plus un cri, plus une plainte. Un carnage provoqué par des paroles de haine qu’un peu de diplomatie aurait pu éviter mais ce n’était pas le genre de la famille impériale.

Tout à coup, un gémissement se fait entendre puis des pleurs, il y a tout de même des survivants dans cet enfer. Il faut aller chercher du secours. Une femme blessée à l’épaule veut venir en aide aux autres mais seule c’est impossible. Elle ouvre la porte de la cellule qui a été fracassée par les tirs, remonte l’escalier qui lui semble sans fin mais il faut faire très vite. Arrivée au premier étage, elle crie, espérant se faire entendre, en vain. Elle se retrouve au dessus de la plate-forme où sont les deux Orwaniens qui préviennent immédiatement Rissousse.

- Une femme blessée appelle au secours, s’écrie Rissousse qui se précipite, suivi de Vincent et du Commandant Keplok. 

Avant de s’évanouir, elle a le temps d’expliquer rapidement la situation. Un infirmier la prend en charge. Le Commandant avertit docteurs, chirurgiens et infirmiers. Vincent et Rissousse se dirigent vers les blessés. Quant aux deux Orwaniens, ils doivent pour l’instant rester dans l’appareil en observation. Lorsque les sauveteurs arrivent, le spectacle est tellement horrible qui ne savent où donner de la tête.

- Allez chercher des couvertures, la pharmacie d’urgence, improvisez des brancards. Tous s’affairent pour donner les premiers soins.   

Le chirurgien opère après avoir fait une piqûre de morphine. Sans hygiène, il y a des risques mais il faut essayer.

- Nous n’avons plus rien pour endormir les blessés que nous devons soigner, annonce le chirurgien.

Rissousse appelle ses deux observateurs et leur demande de venir avec leur médecine. Avec ces anesthésiants, ils peuvent de nouveau opérer, recoudre sans que les victimes éprouvent le moindre mal.  

Des mamans se réveillent, crient après leurs enfants, demandent des nouvelles, tandis que des enfants à peine conscients appellent eux aussi leur maman. Tous ceux qui peuvent être transportés sont remis au bon soin des soldats qui servent de brancardiers. Les enfants sont portés à bras avec beaucoup de précaution.

 

Dans la salle des commandes des bruits suspects ont été entendus. Des hommes en faction, à côté des machines se précipitent, ouvrent la porte et à leur grand étonnement, ils découvrent l’Empereur et ses fidèles qui gisent sans vie.

- Qui a fait ça ? lance un Nacoubas. Ils ont l’air d’avoir été transpercés par un éclair.

Par plume2cristal
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Lundi 6 avril 2009

8

LA CAPTURE DES TERRIENNES

 

 

- Couchez-vous ! lance un Orwanien en poussant brutalement Audrey et Elisabeth  qui se retrouvent allongées à terre sans avoir compris ce qui leur arrive. Le choc a été rude, elles récupèrent doucement.

Les hommes s’éloignent en tirant. L’un d’eux est tué et il y a plusieurs blessés. Wyrisse se précipite sur Audrey et Elisabeth pour les aider à se relever mais elles sont entourées par l’ennemi au grand désespoir de Chanysse, qui, impuissant, surveille la scène de loin.

Audrey commence à parler à ces inconnus tout en frappant régulièrement sur le sol. Elle est imitée par Elisabeth.

- Comme vous êtes grands ! clame Audrey. Pourquoi n’avez-vous pas de cheveux ? Et vous n’avez pas la même couleur de peau que nous. 

Les Nacoubas sont surpris car ils ne comprennent pas les paroles d’Audrey. Le responsable du groupe, Wourke, contacte l’Empereur de la planète Nacouba.

- Empereur, nous avons des prisonniers bien jeunes et nous ne comprenons pas leur langage. 

- Utilisez votre décodeur vocal pour comprendre l’Orwanien. Vous savez vous en servir au moins ? Nos meilleurs spécialistes ont travaillé sur ces appareils.

 

Pendant cette courte interruption de vigilance, Wyrisse réussit à s’éloigner mais les hommes ont vite vu son stratagème.

- Je vais la ramener » dit l’un d’eux, en riant.

Il s’approche de Wyrisse, quand, surgit des herbes, un cobra qui lui crache son venin dans les yeux. Celui qui se croyait si fort se tord de douleur à présent.

Le cobra cracheur n’a pas le temps de le mordre car Wourke s’est servi de son arme et l’a abattu. Wyrisse profite de cet accident pour s’enfuir.

- Que se passe-t-il ? Qui pousse ces hurlements ? demande l’Empereur de Nacouba, toujours en contact avec les siens

- C’est un des nôtres, déclare Wourke. Il a reçu un liquide dans les yeux, provenant d’un animal très long et sans patte. Je n’ai jamais vu ça. 

Il se garde bien de parler de celle qui vient de s’échapper et il continue la conversation avec l’Empereur.

- Il y a un problème. Les deux prisonnières que nous avons capturées n’ont pas d’aile. 

- Quand nous aurons envahi cette planète, les responsables espions seront exécutés pour haute trahison. Ils ont fait n’importe quoi en nous affirmant qu’ils volaient, qu’ils n’avaient pas d’arme et que nous pourrions comprendre leur langage. C’est tout le contraire… s’insurge l’Empereur.

- Attendez, s’écrie Wourke,  un des leurs est mort. Ils l’ont laissé sur place, nous allons l’examiner lui et son arme. 

Il envoie un soldat qui craint une mauvaise rencontre avec cette  drôle de bestiole. Il se penche sur son ennemi Orwanien mais il est foudroyé en voulant prendre l’arme qui explose. Du haut d’un arbre, les amis du défunt ont tiré sur leur cible pour que l’envahisseur ne connaisse pas leur secret.  Etonnés, les Nacoubas croient que cette explosion est responsable de la mort du soldat. Ils s’approchent afin d’examiner leur ennemi Orwanien, et là, ils s’aperçoivent, qu’en effet, celui-ci possède des ailes membraneuses. A force de recherches, l’un d’eux commence à décrypter le langage que les enfants utilisent et qui n’est autre que la deuxième langue des Orwaniens.

- Ne me mentez pas, vous êtes nos prisonnières. Que faites-vous ici ? leur demande en français et d’une voix saccadée le Nacoubas, avec l’aide du traducteur vocal. 

- Nous ne connaissons pas cet endroit, affirme Elisabeth. Nos amis sont venus nous chercher. Nous avons vu l’attaque des cobras. Ce sont des animaux très dangereux. Nous nous sommes approchées et c’est là que vous êtes arrivés, c’est tout. 

Prenant contact avec l’Empereur, le responsable du groupe, Wourke, fait son rapport.

- Empereur, nous réussissons à comprendre nos prisonnières. Elles étaient là par hasard, perdues. Les adultes, sont sans doute venus les chercher. Ils ont assisté à l’attaque des cobras et c’est à cet instant que nous avons capturé les jeunes et tué l’un des leurs. 

 - Dommage que vous ne les avez pas tous tués ou faits prisonniers. Prenez la direction du camp principal, nous reprendrons contact plus tard, décide l’Empereur. 

- Tout va bien ! s’écrie t-il, un rictus de plaisir aux lèvres. Bientôt cette planète m’appartiendra et je pourrai exercer à nouveau mon pouvoir sans limite, ah, ah, ah, ah, ah…

C’est au moment où son rire bestial prend fin que la destruction totale de sa base au pôle nord lui est annoncée. Il est fou furieux. Comment ces minus ont-ils réussi à détruire un pareil matériel de guerre ainsi que ces soldats entraînés au maximum ? Une seule pensée le hante à présent. Nous allons nous venger. Il vocifère les ordres aux soldats.

- Armez tous les vaisseaux, renforcez la sécurité et surtout pas de quartier, qu’ils flambent tous !

Rissousse et les siens ont entendu ce qui se trame et savent qu’Elisabeth et Audrey sont prisonnières. Mais la flotte de l’empereur est trop dangereuse. Ils ne peuvent pas abandonner les autres combattants pour aller à leur secours. Surtout que Rissousse est responsable de la mission.

 

Au sol, Audrey et Elisabeth, les deux prisonnières marchent vers le campement principal. Chanysse les suit de loin et communique avec les siens. Il apprend que les trois blessés soignés sur place grâce aux herbes et à l’argile ont été transportés par des Orwaniens sur des brancards improvisés jusqu’à la caverne. Les autres se regroupent. Ils attaquent le camp principal en catapultant des pierres posées sur les branches de  jeunes arbres. C’est Vincent qui leur avait appris cette ruse lors du combat avec les oiseaux. Ils veulent faire diversion pour que les Nacoubas ne massacrent pas tout ce qui bouge avec  leurs vaisseaux spatiaux. Le piège réussit. Lorsque les pierres tombent autour des envahisseurs  les blessant légèrement, c’est un éclat de rire qui fuse et des moqueries primaires. Les victimes prennent leurs fusils en criant.

- En avant tous, nous allons leur apprendre à se battre !

Ils avancent sans penser que les Orwaniens, des arriérés pareils, puissent les conduire droit vers leur défaite. Ils se dirigent tous ensemble vers l’endroit d’où viennent les pierres pour donner une leçon à ces guerriers ignorants.

 

Les Orwaniens se sont déployés de chaque côté, formant un demi-cercle en se rapprochant des vaisseaux non surveillés. Sans pitié, les hommes ailés commencent à leur tirer dessus, non pas avec des pierres mais avec des fusils aux rayons meurtriers. Ces êtres immondes se retrouvent anéantis ne sachant que faire. Ces grands guerriers, trop sûrs d’eux qui pensaient à une victoire facile… Leur rêve se transforme en cauchemar. Les Orwaniens ne leur font pas de cadeau et tirent chacun leur tour, ceux de l’est, repris par ceux de l’ouest et enfin ceux du nord.

A la fin de cette bataille, avec précaution, leur fusil prêt à fonctionner de nouveau et vérifiant s’il n’y a pas de blessé ou d’isolé pouvant encore tuer, les vainqueurs ailés inspectent les corps inertes de leur ennemi. Vincent n’a-t-il pas dit qu’il ne fallait jamais sous-estimer un adversaire. Tout va bien, il n’y a aucun survivant. Wyrisse annonce la bonne nouvelle à son père et à Vincent.

- Nous avons leurs vaisseaux spatiaux, annonce Wyrisse. Nous allons tout cacher. Je ne pense pas qu’ils aient pu prendre contact avec le groupe qui détient Audrey et Elisabeth. Nous savons qu’ils viennent par ici. Ne vous en faîtes pas, nous serons prudents. Je vais communiquer avec Elisabeth qui a toujours sa boucle d’oreille et nous coordonnerons notre attaque avec leur évasion.

Elle ne parle pas de Chanysse qui lui aussi participe à la lutte finale. Son père risquerait de ne plus se concentrer sur la conduite de son appareil et de commettre des erreurs de pilotage qui pourraient leur être fatales.

Elisabeth a entendu Wyrisse grâce à son émetteur auditif placé dans sa boucle d’oreille. Pour ne pas éveiller les soupçons de leur geôlier, elle chante une douce mélodie en prononçant des paroles que seule Wyrisse peut comprendre. Des mots qui ne sont rien d’autres que des questions indispensables pour une bonne coordination à leur fuite. Audrey aussi chante une complainte.

- Je ne suis pas rassuré, s’inquiète un geôlier, avec cette bête qui a aveuglé Starche. Il souffre toujours et ne voit presque plus rien, on dirait que c’est définitif. Soudain, il pousse un ouf de soulagement. Le campement apparaît au loin. Ils distinguent le haut des appareils entre les taillis et les arbres. Ils s’avancent un peu plus rapidement, Audrey et Elisabeth se plaignent de l’allure.

- Vous allez trop vite, gémissent-elles.

Mais rien n’y fait.

Pendant ce temps, Chanysse, avec l’aide de ses amis, pose une pierre dans un gros filet pour la suspendre à une branche. Ils attendent le passage des prisonnières et plus précisément celui du dernier soldat, responsable des deux captives. Arrivés à hauteur du piège, Chanysse envoie un signal codé à Audrey et Elisabeth leur indiquant de se coucher tandis que la pierre libérée frappe violemment sa cible. L’homme s’écroule sans un mot. Les deux aventurières se faufilent dans les hautes herbes avant de se sentir prises à bras le corps et élevées dans les arbres touffus par leurs amis Orwaniens.

N’entendant plus de bruit derrière eux, ceux qui se réjouissaient d’être arrivés à destination sans encombre, restent pétrifiés en voyant le responsable des prisonnières au sol, immobile et sans la moindre trace des deux filles.  Ils pointent leurs fusils, mais tirer sur qui et dans quelle direction ? Dans les herbes, les arbres ? La panique s’empare d’eux. Le radio essaie d’envoyer des SOS mais personne ne répond. Le campement principal reste muet. Quelques rayons mortels venus du haut des arbres les frappent à leur tour puis, plus rien, un silence impressionnant remplace les cris et les hurlements de ces agresseurs sans pitié, partis rejoindre le royaume de la nuit éternelle.

Wyrisse, en contact permanent avec son père sait que le combat aérien n’est pas terminé. Avant l’ultime bataille, elle communique avec lui.

- Ici, tout va bien ! Audrey et Elisabeth sont saines et sauves avec nous. L’envahisseur est exterminé. Que la victoire vous soit acquise !

Des cris de joie fusent de chaque vaisseau ami. A présent, seul le dernier affrontement va monopoliser toute leur attention.

 

Le maître d’un village observe l’infini dans le télescope et reste en contact avec Rissousse grâce au pouvoir de la télépathie. La flotte spatiale continue de progresser parmi un champ de météorites. Quand le maître du village les prévient de l’arrivée imminente de l’armée de l’Empereur.

- Je vois une trentaine de vaisseaux entourant celui de leur Empereur, une véritable station spatiale. Les météorites peuvent vous être utiles. Attention ils vous ont repérés.

La rencontre est brutale car ils sont attendus. Rissousse est pris en chasse par un missile tiré d’un vaisseau ennemi. Grâce à son réflexe, il frôle une météorite que le missile percute et désintègre. Vincent aussitôt vise le responsable et le fait exploser sous les acclamations des quatre occupants.  « Attention là ! » Mais c’est trop tard, si les amis de Rissousse ont bien réussi leur tir, le vaisseau ennemi n’a pas loupé sa cible non plus. C’est la loi de la guerre et la lutte continue. Rissousse donne des ordres à dix de ses vaisseaux pour qu’ils restent à l’arrière afin de surprendre l’ennemi qui franchit la première ligne. Le piège réussit, deux adversaires ayant abattu leur cible, reviennent dans le combat pour périr sous les rayons mortels de la ligne arrière de la flotte de Rissousse.

L’Empereur se défend avec l’énergie du désespoir. Il sait à présent que tout est perdu pour lui. Il n’y aura aucun pardon et c’est la lutte à mort. Il est prêt à vendre chèrement sa triste vie. Il réussit à abattre quelques téméraires qui se sont sacrifiés afin que les autres viseurs atteignent un point stratégique. Il panique. Il avait prévu un envahissement total, rapide de la planète convoitée mais il se rend compte que la stratégie et les armes des Orwaniens sont plus perfectionnées que les leurs. Ils sont en avance d’une guerre. Il ne peut plus reculer. Il avait promis une nouvelle vie sur une planète de rêve et tout s’acharne contre lui. Son excuse ? Il a commandé des incapables !

Où les Orwaniens ont-ils eu ces armes ?

Et pourquoi ses espions n’ont rien découvert ?

Un choc vient le sortir de ses pensées. L’énorme vaisseau a heurté une météorite. Quelques dégâts sans plus. La colère s’empare à nouveau de lui.

- Tirez et surtout atteignez-les ! hurle-t-il.

Puis, il donne des ordres pour le repas. Certains de ses responsables commencent à se révolter. Ce n’est plus possible. Petit à petit, la rébellion couve. Le Commandant du vaisseau complote avec d’autres responsables qui ont leurs hommes bien en main. Surtout que beaucoup d’entre eux ont laissé leurs familles, sans aide, sur une planète polluée et malgré les promesses de l’Empereur, ils sont à présent persuadés qu’il n’est pas question de retour. Quelques femmes et enfants sont bien présents mais appartiennent tous à la même famille responsable de tout ce gâchis.

Quelques signes, des regards et tout se précipite... Les hommes armés du Commandant Keplok entrent dans la grande salle où l’Empereur et les siens prennent leur repas en plaisantant et en parlant d’un avenir meilleur. Le Commandant Keplok prend la parole.

- C’est terminé Monsieur. Je vous prie de vous rendre sans résistance.

Un des hommes, avec le Commandant fait un signe à l’Empereur. Celui-ce comprend qu’il a encore une petite chance, tout n’est pas perdu…

- Très bien, Commandant, je suis résigné. Nous vous suivons sans verser inutilement le sang des nôtres. Pas la peine que je vous fasse la promesse d’oublier ce que vous venez de faire. Je vous laisse le commandement et nous dirons que c’est… voyons… le stress qui vous a fait commettre un tel acte.

Mais le Commandant n’est pas dupe.

- Je regrette Empereur mais la lutte devient difficile et inégale. Ils sont beaucoup plus forts que nous et toutes ces guerres deviennent insupportables. Suivez-nous.

Moi, Commandant Keplok, je prends sous ma responsabilité la suite des évènements.  

Entourés de soldats armés, les prisonniers exécutent les ordres en silence. Ils descendent les escaliers jusqu’à la prison du vaisseau. Deux cellules pour les hommes et trois pour les femmes et les enfants.

- Vous resterez ici le temps des négociations, ensuite nous aviserons, dit le Commandant.

Un des soldats présent est désigné pour garder les cellules. Le Commandant lui recommande de se méfier…

Le soldat armé devra monter la garde et satisfaire les prisonniers en eau et nourriture pour que ces hôtes de marque ne manquent pas de l’indispensable.

 


 

Par plume2cristal
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