La fée Fabulette :
Je dois le rattraper pour le raisonner.
Alors que la plupart des gens du village se pressaient au fin fond de la forêt pour combattre avec rage ce monstrueux dragon qui espérait tout brûler, la fée Fabulette sortit vite fait de sa misérable chaumière pour rattraper notre tout petit chevalier. N’y voyant plus claire à cause de ses lunettes remplies de buée, le brouillard venant tout juste de tomber, elle cria pour que Palèbre puisse l’identifier.
La fée Fabulette :
Brave chevalier Palèbre, m’entendez-vous ? Je … Je ne vois plus rien du tout… Le brouillard vient de tomber et je ne sais même plus où je mets mes pieds. J’ai donc peur de vous bousculer, ou pire… de vous écraser…Ooooh brave chevalier, écoutez-moi, mon incantation n’était pas terminée quand, de ma chaumière, vous vous êtes sauvé. Je ne peux donc plus vous aider J’en suis vraiment désolée ! Mais il vous reste une chance qui, pour vous, n’aura aucun sens mais, croyez très fort en l’amour avec votre sorcière Miléfait. Ne brisez pas votre cœur et croyez fort au bonheur et à tout ce que vous pourrez lui apporter. Peu importe vos différences, cela n’a plus d’importance. Vous vaincrez ce dragon si vous maintenez votre passion sinon, n’y allez surtout pas ou vous passerez de la vie à trépas. Tenez bon mon garçon, vous aurez ce monstrueux dragon…
Dans la foule, la sorcière Miléfait se trouvait derrière un gros buisson pour s’en prendre au vilain dragon mais ce dernier lui donnait du fil à retordre. Elle éprouvait quelques difficultés car ses idées étaient en parfait désordre. Serait-ce à cause de toute cette fumée ?
Une personne dans la foule :
Regardez à l’horizon, le brouillard vient de disparaître et des objets volants viennent d’apparaître. Des bottes… ce sont des bottes sans homme qui avancent en faisant des bonds. Elles se dirigent vers le dragon !
Entendant ces paroles, la sorcière Miléfait se retourna et aperçut des bottes avancer vers elle.
Elle pensa aussitôt à ce merveilleux chevalier Palèbre que son cœur s’était amouraché et s’efforça de penser qu’il venait en toute hâte la sauver et combattre à ses côtés pour mériter de nouveau et pour toujours un éternel amour.
Tous les villageois les aidèrent tant bien que mal… subissant une petite brûlure par ci, un pic par là… Un affrontement à inscrire dans les annales.
Mais soudain, arriva ce qui arriva…
Un villageois :
Nooooooon, le dragon vient d’avaler les bottes !
Un autre villageois :
Mon dieu, faites que le chevalier s’en sorte !
La sorcière Miléfait (apeurée) :
Non mon amour, Palèbre, mon prince charmant, ne me quitte pas maintenant ! Ma vie ne vaut d’être vécue sans toi et pour te le prouver je veux mourir dans tes bras !
Un villageois :
Non, attendez… Regardez de plus près…
La sorcière Miléfait :
Mais oui ! Voyez le dragon s’étouffe…. S’étrangle… Il rote. Hourra ! C’est mon chevalier Palèbre qui l’emporte ! Ah l’amour quand tu nous tiens ! Heureux soit notre destin…
Encore quelques secondes de patience et des cris de joie abondèrent et mirent l’ambiance dans cette forêt immense…
Après être sorti de la gueule du dragon qui gisait sur le sol, complètement flagada, le chevalier était dans tous ses états.
Ses bottes lui manquaient et ses pieds sentaient toujours aussi mauvais. Quant aux blessures, elles étaient bien là, cependant, on pouvait les compter sur le bout de nos dix doigts : une côte cassée, deux dents brisées et des brûlures un peu partout dispersées sur sa peau devenue légèrement grillée.
Il n’en revenait pas de ce combat et se sentait très las. Des frissons lui parcoururent le corps, il avait vaincu ce monstre et n’était pas mort ! Il fallait bien que ce brave et courageux chevalier ait vécu tout ça pour retrouver enfin son si beau et si chaleureux minois. Et grâce à sa toute toute petite taille il gagna la bataille !
Après quelques minutes de récupération bien méritées, il se souvint des paroles de ce grand sorcier « chevalier Palèbre, vous deviendrez célèbre ! »
Il avait donc raison. Les trois personnages qu’il avait rencontrés dans cette majestueuse forêt avaient prédit l’histoire de sa nouvelle et si belle vie, une vie qu’il espérait enfin sans soucis.
Il fallait penser, après cette dure journée, à redonner la bonne taille et un discours censé à ce brave et vaillant chevalier.
Puis quelques jours passèrent, et, toujours en compagnie de sa douce et bien aimée sorcière, le chevalier Palèbre, très content, retrouva, comme par enchantement, une santé de fer.
La convalescence passée, le moment fut venu d’annoncer l’évènement tant attendu : leur mariage que devait célébrer le vieux sage.
Tout le village, les sorciers, les lutins, la fée et j’en passe, se rassemblèrent sur la grande place, pour acclamer ces deux amoureux, mademoiselle Miléfait au cœur heureux et le noble chevalier Palèbre qui devint célèbre… si célèbre grâce à sa petite taille et son courage sans faille.
FIN DU PREMIER TOME
Enrika AVISSE
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