Le roi qui pensait être bon
- Qui te l’a dit ?
Parle, qui m’a sali ?
Qu’il vienne devant moi
Que je le punisse…
Dis-moi son nom, je t’en prie
Tu n’iras pas sur la croix, mon ami,
Je veux simplement pour une dernière fois,
Le voir gémir par mes supplices.
De quel droit enfreint-on mes lois ?
De quel droit, une révolte naît sous mon toit ?
- Mais je ne vous ai rien fait, moi !
- Oui, pour l’instant, n’est-ce pas !
Alors, apprends-moi à lire dans ton cœur,
Car tu étais avec le traître tout à l’heure.
Oh ! Je peux comprendre ta peur,
Mais ta vie n’est pas en jeu à cette heure…
Ah, mon ami, mon soi disant fidèle !
Par ce pacte avec nos ennemis,
Ne vois tu pas qu’ils nous cherchent querelle
Et que ces scènes leur ouvrent l’appétit.
Mes gardes t’ont vu avec lui,
Mais, à temps, le traître s’est enfui
Toi, toi à présent qui es ici,
Est-ce donc ta vie qui doit en payer le prix ?
Quel est ce secret que tu caches
Veux-tu que je te l’arrache
Comme ferait une lionne qui tue sa proie
Pour l’offrir à son roi
Voyons, aurais-je beaucoup de remords
Si je te condamne à mort ?
Tu sais, tu devrais remercier le ciel
Que je ne fasse pas une chose pareille !
C’est vrai notre amitié est sacrée à mes yeux
Et j’ai tout fait pour te rendre heureux
Mais je constate que cela te suffit peu
Et que tu es toujours miséreux.
Que t’arrive t-il pour agir ainsi ?
Ne reconnais-tu plus ton parti ?
Quel est ce diable qui souille ton âme
Et qui te rend si infâme ?
Je suis ton roi,
Ne l’oublie pas !
Je suis votre seigneur tout puissant
Qui sauve chaque jour votre vie de mendiant
En combattant, je vous ai offert la liberté
Et aujourd’hui vous me trahissez !
- Notre liberté ?
Laquelle ?
Nous devons vous vénérer
Vous offrir nos femmes les plus belles
Nous abaisser à vos caprices
Sinon, ce sont les supplices !
Etre écartelés, jetés dans les fossés
Ou donnés aux lions affamés.
Nous devons vivre sous terre,
Pour ne pas subir vos colères légendaires,
Et si nos paroles agacent votre grandeur
C’est toute une famille qui pleure
Des cris de douleurs
Parce que vous leur enlevez l’un des leurs
Créez des procès sans raison,
Motif : la trahison
Et là, il est condamné, ligoté, torturé
Puis après ça, la seule voie qu’il aperçoit
C’est la croix,
Quel désarroi !
Comment avez-vous fait pour en arriver là ?
Non, je ne suis plus votre ami
Depuis bien longtemps mon cœur vous a banni.
Vous nous punissez, nous massacrez
A petit feu, c’est vrai
Mais qu’importe
Puisque c’est votre haine qui l’emporte.
Ah ! Je suis dépassé, fatigué,
Jusqu’à ce jour j’espérais
Mais je me suis égaré
Et c’est bien avant que j’aurai dû lui parler
Pour éclaircir mes pensées
Prendre conscience de vos absurdités
Sachez, votre Majesté, que le traître
parmi nous, c’est VOUS !
- Vous pourrirez tous en enfer
Et c’est moi qui vous y emmènerai,
Si votre monde vous semble si amer,
Ne dois-je pas vous conduire vers une autre destinée ?
- Alors nous ne nous laisserons pas faire
Et si un Dieu existe sur Terre
Il entendra forcément nos prières
Et vous retournerez poussière
Car nous ne voulons plus de guerre
Nous avons trop enduré
Trop de larmes ont coulé
Et même si la vie à tout jamais
Doit nous être confisquée
Alors, nous élèverons nos voix
Et les paroles sonneront le glas
De la personne qui fût jadis un bon Roi,
Afin de détruire palais et prisons
Et apercevoir la victoire à l’horizon.
Tous les peuples nous rejoindront
Pour vivre heureux dans nos maisons
Et enfin nous retrouverons quelque chose d’universelle,
Oui, enfin nous savourerons une paix éternelle.
Enrika
AVISSE
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