Vendredi 15 mai 2009


Le texte a été crée en écoutant la musique de clint eastwood "million dollar baby".

Mon ami, mon frère, mon complice…

 

 

Je t’écris…  c’est bizarre, n’est-ce pas, depuis tout ce temps perdu ! Mes larmes accompagnent ces quelques mots griffonnés et perlent sur mon visage. Je t’écris parce que, étant trop occupé le jour où tu t’es envolé, encore une fois, je n’ai pas vu l’orage et le tonnerre arriver. Mmm, tu sais que c’est un mensonge, tu étais si fort dans ce domaine… Quoi qu’il en soit, le destin a voulu que je reste seul, avec ma plume, mon encrier et tous nos souvenirs qui me déchirent l’esprit devant cette feuille de papier. Je ne comprendrai jamais pourquoi certains meurent alors que d’autres, malgré les pires actions menées contre la Terre, les peuples ou leur famille, restent à fleureter avec les rouages de la vie… Je suis glacé, je ne rêve que de te retenir, il est trop tard, je sais... Te souviens-tu de la musique que nous écoutions, tous les deux assis sur ton lit d’hôpital. Le décor de cette chambre était de couleur livide, terne, comme si la mort imprégnait déjà les murs… pour nous rassurer ? Pour partir en paix ? Comme si nous pouvions être habitués à cette atmosphère tellement lugubre. Ta porte avait le fameux numéro 13 et me rappelait sans cesse ton combat contre la leucémie… Mais le son et le rythme de cette guitare sèche et de ce piano nous permettaient de nous évader un peu ; la musique nous embarquait dans son vaisseau magique, à des années lumière, loin  de ces derniers instants maudits. Tu te rappelles ?  Cette musique ne m’a pas quitté, je la ressens jusqu’au fond de mon cœur… jusque dans mes tripes…Tu me manques mon ami, mon frère, mon complice. Aussi je n’ai plus la force de continuer à vivre, d’ailleurs pour qui le ferais-je ? Tu es parti à cause de cette putain de maladie, en souffrance, sans la moindre espérance, et ton dernier jour de vie sur la Terre fut à espérer que je te porte compagnie, en laissant derrière moi tes seize années de rire, d’amusements, d’amour, puis d’abattement, de colère, d’épuisement et de solitude… Je m’en veux tellement : tu me vois auprès de toi, attendre que ta vie s’essouffle, que ton regard devienne atrocement vide, que ton cœur ne puisse plus donner le moindre battement et qu’en serrant ta main je sens la mort te prendre dans ses bras et t’emmener loin, très loin, très très loin de moi. Je suis anéanti, je n’ai plus d’appétit, ma joie de vivre m’a abandonné, tu m’as quitté et je n’ai plus de monde à explorer, d’ami à féliciter, de frère à combler d’amour, de complice à sauver… Je ne rêve que d’une chose aujourd’hui c’est de te retrouver, car, si je perds la vie, je te rejoindrai au Paradis et là-haut, ensemble, nous pourrons, comme avant revivre des aventures qui durent et durent sans nous soucier de la mort… c’est sûr, vois-tu, si tu ne peux plus me revenir alors c’est à mon tour d’être emporté pour te divertir et embrasser l’éternité… avec toi… Le soulagement de te revoir sourire me rend encore plus fort… Enfin ma place n’est plus ici, la peine m’a si souvent envahi qu’elle a laissé une empreinte de remord trop nuisible, continuer à survivre ne serait plus possible, alors je pars le cœur léger… apaisé. Certains ne comprendront peut-être pas, mais depuis que je t’ai perdu, je suis  si dévasté par le chagrin que je n’ai plus envie de rien, la douleur est si immense, si pesante, la seule fin que j’envisage c’est d’échapper à tous mes cauchemars qui me hantent la nuit et qui étouffent les quelques lueurs de vie qui restent enfouies grâce à nos souvenirs. Mon souhait va maintenant s’exaucer. Adieu papier, plume et encrier, je vais de ce pas rejoindre mon fidèle ami, mon frère, mon complice pour échapper à tous ces supplices... A présent je peux tout quitter, m’en aller, plus rien ne pourra nous arriver. Nous sommes devenus, en quelque sorte des étranges rescapés… Un nouvel avenir s’ouvre devant mes yeux… Heureux d’être de nouveau à deux…

Enrika AVISSE

Par plume2cristal - Publié dans : LA PLUME DANS TOUS MES ETATS
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Mercredi 13 mai 2009

12

LA CEREMONIE D’ADIEU

 

 

- A présent que nous sommes entre nous, nous allons honorer nos morts, annonce gravement le Grand Maître. 

Il se dirige vers le nouvel olivier. Le calme revenu, dans un silence respectueux, pesant, un à un, le nom des héros décédés est prononcé.  Ceux qui se sont sacrifiés leur manquent déjà beaucoup. Ils ont donné leur vie pour sauver la leur. Des héros, oui, mais des héros morts. Les enfants des disparus, alignés au premier rang, un genou à terre, attendent le Grand Maître. Celui-ci, pose une main sur la tête du premier enfant.

- Que la force et le courage de votre père pénètre en vous, que sa réincarnation s’effectue en votre corps et vous permette de vous surpasser tout au long de votre vie. 

Tous les enfants ont le droit au même discours symbolique. En l’honneur de tous les combattants dont le corps n’a pas été retrouvé, une stèle sera construite représentant un vaisseau spatial, avec un homme et une femme ailés, pointant le bras vers le ciel, car à présent c’est de là que viendra le danger.

- Ce sera le premier monument aux morts depuis de nombreuses générations, annonce Lyrisse d’un ton solennel. 

Vincent, à côté de Rissousse, est stoïque, mais Audrey et Elisabeth sanglotent.

- C’est trop triste, à présent, je veux retrouver ma maman et mon papa, dit Audrey.

- Moi aussi… reprend Elisabeth.

Rissousse s’approche d’eux.

- Venez,  nous allons nous préparer pour que je vous reconduise chez vous ! Il vous reste encore  quelques heures avant de repartir, profitez-en pour dire adieu à tous vos amis. Je vais m’entretenir avec le Grand Maître afin d’obtenir l’heure propice en fonction des fuseaux interplanétaires, pour que vous reveniez sur Terre à la même heure que celle de votre départ vers notre belle planète Orwania, ainsi, vos parents ne se douteront jamais de votre voyage que vous avez passé en notre compagnie. Mais sachez mes amis terriens que nous sommes heureux d’avoir fait votre connaissance. Grâce à vous, nous avons survécu au plus grand danger : la guerre. Nous ne vous oublierons jamais.

Wyrisse et Chanysse, les yeux rouges, ne veulent pas faire voir leur chagrin. Rissousse l’avait bien pressenti. Les deux jeunes Orwaniens demandent à Vincent, Elisabeth et Audrey de les accompagner pour dire au revoir à tous leurs amis.

- Nous savions que vous repartiriez un jour, et ce jour est arrivé, quel dommage ! Puis après un long soupir Wyrisse poursuit, notre Grand Maître nous attend près du nouvel olivier.

Tous les cinq rejoignent le Grand Maître.

- Prenez bien soin de vous, sans votre présence, nous aurions été vulnérables. Tous nous vous disons que nous ne vous oublierons jamais, et c’est sincère, proclame t-il. L’heure est arrivée, allez rejoindre Rissousse.

Le Grand Maître pose la main gauche sur la tête de Vincent puis d’Elisabeth, mais Audrey ne peut s’empêcher de lui passer les mains autour du cou et de lui poser un gros baiser sur les joues. Le Grand Maître sourit.

- Ah oui, j’ai entendu parler de votre coutume, ma foi, c’est très agréable. Elisabeth, tu peux imiter Audrey tu sais.

- Avec plaisir, répond Elisabeth, ce n’était pas l’envie qui m’en manquait, mais je suis plus réservée qu’Audrey.

- Ca je l’avais remarqué, poursuit le Grand Maître en embrassant Elisabeth. Et les hommes ils s’embrassent aussi ?

- Les hommes se serrent la main droite, répond Vincent en joignant le geste à la parole. Mais entre membres de la même famille, ils peuvent s’embrasser surtout entre père et fils. Aussi, permettez-moi de le faire également.

Le Grand Maître satisfait de toutes ces marques d’amitié leur souhaite que la chance et le bonheur les accompagnent.

- Je crois qu’avec le temps qu’il vous reste, vous allez le passer à embrasser tous vos amis. Ils sont nombreux.

- Les dernières minutes nous les passerons avec Wyrisse, Chanysse et Siphoste qui nous ont si gentiment accueillis, répond Vincent mais sachez que nous non plus nous ne vous oublierons pas.

- Tu sais Vincent, pour dire bonsoir à nos parents, nous les embrasserons également en souvenir de votre visite et je crois que nous ne serons pas les seuls à pratiquer ces marques d’affection. Mon père vous attend pour votre départ, il faut donc y aller...

Après quelques instants pour dire au revoir à tout le peuple d’Orwania, les trois aventuriers sont prêts à embarquer.

- Ah, au fait Vincent, souligne Rissousse, je suis très fier de tes progrès en télépathie. Si tu le veux, tu pourras toujours rester en contact avec nous et… avec Wyrisse par la même occasion, ne l’oublie pas ! Surtout, enseigne cette forme de communication à Elisabeth, elle en aura besoin un jour. Et qui sait vivrez-vous peut-être une prochaine aventure avec nous ! 

- Nous en serons ravis ! déclarent ensemble les trois aventuriers.

Le voyage du retour se passe comme prévu. Ils arrivent sur Terre à la même heure que celle du départ pour Orwania. Aussitôt atterris, Audrey, Elisabeth et Vincent embrassent très fort Rissousse pour lui dire Adieu. Tous les quatre sont très émus de cette séparation, ils espèrent se revoir un jour. Puis les trois aventuriers descendent du vaisseau spatial, un dernier salut de la main et Rissousse, seul à bord de son appareil, le cœur gros, disparaît dans la nuit parsemée d’étoiles…

Rapidement, les trois jeunes pénètrent dans leur maison, montent les escaliers, entrent dans leur chambre après s’être embrassés et souhaités une bonne fin de nuit. Ils s’endorment épuisés par cette folle aventure…

 

FIN DU PREMIER TOME

LES TROIS AVENTURIERS - UN MONDE EN DANGER

Par plume2cristal - Publié dans : LES TROIS AVENTURIERS - TOME 1
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Mardi 5 mai 2009

Retrouvailles

 

 

Après tant d’attente…

Les retrouvailles…

Nos désirs sont forts, intenses et si déchirants car accablés par ta raison.

Ton combat est acharné, il prend source à chaque pensée maudite que tu as de moi.

L’envie t’envahit et te soumet malgré toi,

Tu résistes tellement, comme si tu défendais ta forteresse jusqu’au bout,

Pour ne pas être vaincu, pour ne pas être déchu.

Mais l’appel t’affaiblit et perce ton cœur si faillible…

Tu es maintenant devant moi,

Nos battements de cœur s’élèvent, s’accélèrent,

Ils remplissent nos visages d’émotions et de passions qui ne demandent qu’à être partagées.

Les draps, perfides, infidèles nous invitent à les rejoindre

Pour commencer un corps à corps brûlant et enivrant.

Pas un mot, pas un murmure ne résonne en ce lieu propice à nos jeux interdits…

Mes mains effleurent ton visage et s’engouffrent dans tes cheveux

Puis redescendent vers le creux de tes reins.

Ma langue vient capturer la tienne, et là, s’engage une bataille mêlée de

Sueur, de gémissement, de pénétration en des lieux profonds humides et chauds,

Traversées torrides et enflammées jusqu’à ce que nos forces soient consumées

Par notre passion, éternelle source qui nous anime et captive la raison,

Pour un moment de liberté furtive, sans obligation, sans limite, sans contrainte,

Une liberté volée juste un instant, renfermant une précieuse ardeur.

Laissons-nous aller vers cette flamme grandissante,

Laissons-la nous guider vers nos rêves les plus inavoués et vivons les intensément…

Le temps n’a plus de sens ici, tout, autour de nous, s’est arrêté pour nous laisser vivre

Impunément notre folie.

Nos corps se rapprochent, s’entrelacent, se bousculent s’entrechoquent…

Mes seins frémissent par les caresses de ta langue habile,

Mes ongles glissent sur ta peau et mes doigts t’enlacent pour que tu sois encore

Plus près de moi, pour que nous ne formions plus qu’un.

Nos souffles sont courts, fatigués par la cadence que nous leur forçons de livrer.

Encore et encore, nous poursuivons notre engouement pour notre but ultime : la jouissance.

Les corps se débattent et se plient aux mouvements de nos reins, l’accord parfait vient à terme... lâcher prise si combatif, sourire aux lèvres savourant notre victoire.

Puis nos corps s’effondrent sur les draps souillés et mouillés par nos actes insidieux.

Le temps se confronte à nous de nouveau. Un voile de plus en plus obscur recouvre la toile et l’emmène dans les coulisses du néant.

Tout se délie, se dissocie, se déchire, …, les couleurs ternissent le tableau, errent dans ce vide, affaiblies par la fatigue et l’ardeur de cette aventure dangereuse.

La flamme n’est plus... La liberté se soumet peu à peu à la raison puis disparaît pour réconforter l’esprit maître de son pouvoir et obéissance… Fragile …

Les retrouvailles s’évanouissent, se dispersent, se perdent… jusqu’au prochain désir…

Enrika AVISSE

Par plume2cristal - Publié dans : LA PLUME DANS TOUS MES ETATS - Communauté : GALERIE DES LETTRES
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Mardi 5 mai 2009

C’est promis, c’est juré…

 

 

Bébé, je regarde les photos, souvenirs de notre lointain passé.

Nous rêvions d’un monde toujours ensoleillé et gai.

Nous étions ensemble, heureuses, nous deux,

flottant sur cette mer si colorée, bercées par la douceur de nos tendres baisers.

Tu me disais « des câlins, j’en veux plein ! », et moi, je te répondais « je t’aime et je ne te quitterai jamais… jamais ! »

Mais la vie en a voulu autrement et maintenant au bord de l’eau ruisselante, je me retrouve sagement triste à contempler les photos de ton enfance.

Je te revois près de moi, jouer, danser et tourbillonner pour te jeter dans les vagues et m’éclabousser.

Je me revois prendre tes petits bras et te faire planer au dessus des nuages, te laisser dans les airs et regarder tes yeux briller…

Le temps s’est arrêté un instant, plus rien ne compte autour de nous… nous sommes deux… deux personnes… adulte et enfant qui jouons sur le sable doré…

Nous jouons sans nous soucier de demain.

Mais demain nous a rattrapées et enlevé notre joie de vivre…

Si j’avais pu me douter de ce qui allait arriver…

Sans toi, le soleil n’a plus sa place, il ne brille plus et fuit mon horizon, car sans toi je suis confrontée à une existence sans aucune attirance…

 

… Mais le vent m’emmènera vers toi et mon cœur se réjouit déjà te t’approcher et de te prendre dans mes bras.

Je sens déjà l’odeur de tes cheveux mouillés et de ta peau douce de petite fille bronzée.

Je t’aime et j’ai tant besoin de ta présence.

Ô chérie, je te retrouverai même si je dois parcourir le monde entier !

Mon bébé, je te le promets… Je te le promets… C’est promis, c’est juré !

 

Les années ont passé… et…

 

Me voilà,

Je marche dans la rue, le ciel est si gris ici et la pluie recouvre les trottoirs londoniens, mais moi je m’en fous, je suis heureuse de te revoir…

Les visages des gens ont l’air si tristes, sans but, sans envie, mais moi je m’en fous, j’ai tellement hâte de te revoir…

Après tout ce temps perdu, te souviendras-tu de moi ?

Vas-tu me reconnaître et m’embrasser ?

J’ai dans la tête tellement de souvenirs.

Pour toi, je ferai n’importe quoi.

Bébé, je t’en prie, souris moi lorsque tu m’apercevras,

Dévoile-moi ta beauté, mon ange adoré.

Mon enfant, mon unique envie de vivre !

Je t’ai abandonnée, je t’ai laissée sans avoir eu le temps de t’expliquer.

Ô si tu savais comment mon cœur bat !

Si tu savais comment mes pas se pressent pour te serrer dans mes bras !

Si tu pouvais me voir, tu comprendrais que je ne voulais pas en arriver là !

Je tremble, j’ai si peur !

J’ai parcouru dix années entières et maintenant nous voilà… réunies…

L’heure tant espérée arrive.

C’est moi mon bébé.

La pluie s’est arrêtée de tomber mais mes larmes ne cessent de couler.

C’est ça le bonheur !

Je ne te quitterai plus jamais, promis juré !

Tu m’as trop manqué et je veux rattraper tout ce temps perdu entre nous…

Pendant ces longues années sans toi, seule, j’ai tant pleuré, j’ai tant crié.

J’ai aussi prié pour essayer de te retrouver…

Tu vois maintenant, je peux te prouver que les miracles existent et qu’il faut y croire et t’attacher à ce que tu as de plus cher.

Le seul but que j’avais, était de reprendre goût à la vie pour avoir assez de force et continuer mes recherches pour être auprès de toi.

Toutes mes actions m’ont récompensée… J’ai réussi !!!

J’ai rêvé ma vie auprès de toi et je réalise mon rêve à présent !

Je ne te quitterai plus jamais, c’est promis, c’est juré…

 
Enrika AVISSE

Par plume2cristal - Publié dans : LA PLUME DANS TOUS MES ETATS
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Mardi 5 mai 2009

11

TEMPETE

 

Au village de Rissousse, les Nacoubas regardent les petites chaises qui ne leur inspirent pas confiance et préfèrent s’asseoir à terre, aussitôt imités par les habitants des villages. La nourriture commence à circuler quand les prisonniers, les enfants de l’Empereur défunt, quelques femmes et hommes sages ainsi que le Grand Maître font leur apparition. La rencontre entre les Nacoubas fait couler des larmes sur les joues des prisonniers. 

- Jamais nous ne pensions vous revoir, ici c’est peut-être un petit paradis mais pour nous, rester sans nouvelles de nos proches devenait insupportable, de plus, avec le mal que nous leur avons fait, nous n’étions pas particulièrement aimés, confie un prisonnier Nacoubas. 

- Nos amis Orwaniens nous laisseront partir après le repas annonce le responsable de la mission. Nous ne connaissons pas la situation sur Nacouba, aucun renseignement sur quoi que ce soit n’a filtré. Keplok, le nouveau Commandant du vaisseau impérial a dû entrer en communication avec eux. Nous en saurons plus une fois que nous serons arrivés à bord.

Lyrisse, le maître du village demande aux prisonniers de s’asseoir parmi eux. Les villageois leur font un accueil poli, sans plus. Ces huit Nacoubas étaient des combattants, et non des révoltés contre l’Empereur. Tout le monde se régale quand un avertissement les met en garde : attention danger, tempête.

Ce sont des pêcheurs qui ont vu arriver à l’horizon les gros nuages annonciateurs de fortes pluies. Avant ils avaient remarqué un ciel rose foncé avec des traces rouges, signal de vents plus ou moins violents. D’ailleurs les barques reviennent sur la plage très rapidement. Au village, l’alerte donnée, tout le monde se lève, emporte chaises, tables, nourriture. Les Nacoubas étonnés, apprennent qu’une tempête arrive. Ils doivent rejoindre la salle des fêtes pour se mettre à l’abri. Les fenêtres et les portes des maisons sont fermées, chacun vérifie si rien ne peut s’envoler et provoquer des dégâts. L’orage gronde et se rapproche de plus en plus.

- C’est pour nous, dit Rissousse qui se trouve entouré de sa famille, Vincent, Elisabeth, Audrey, les Nacoubas et les quelques hommes et femmes sages qui les avaient accompagnés.

Ils attendent patiemment la fin de l’orage, particulièrement violent. Soudain, ils sont prévenus que des enfants sont dehors, bloqués, plusieurs blessés ne peuvent se dégager. Ils se sont fait surprendre par la chute d’un arbre. Les trois aventuriers voient Rissousse pour la première fois perdre son sang-froid et se mettre en colère. Elisabeth veut lui faire comprendre que c’est un simple accident mais Rissousse lui répond sèchement.

- Ils pèsent environ 18 kg. Par un vent pareil, comment vont-ils s’en sortir ?

Gréterk interpelle Rissousse.

- Nous mesurons entre 2,30 m et 2,50 mètres et pesons 180 à 200 kg, pour nous ce vent n’est pas dangereux et ne nous mettra pas dans une situation catastrophique. Laissez nous y aller, ça ne rachètera pas tout le mal que nous vous avons fait mais nous pourrons espérer votre pardon.

- Vous ne savez pas où ils sont ! s’emporte Rissousse.

- Mais moi je sais, affirme Vincent. Ce n’est pas très loin. Nous y étions tous ensemble à la pêche.

- Vite, il n’y a pas de temps à perdre. Monte sur mon dos et tiens-toi bien à mon cou, annonce Gréterk à Vincent.

Les prisonniers partent tandis que les autres restent à l’intérieur de la salle. Au besoin, Vincent donnera l’alerte en utilisant la télépathie. En cas de problème, Rissousse pourra intervenir avec les autres Nacoubas restés avec lui.

Les huit hommes partent en courant. Le vent est violent mais leur poids les avantage. En peu de temps, ils se retrouvent sur place. Les enfants apercevant les Nacoubas s’affolent. Vincent les rassure immédiatement, l’un des Nacoubas protège trois enfants qui ne voulaient pas abandonner leurs amis, ils ont bien essayé de les tirer et de soulever les branches mais c’était trop difficile.

Les Nacoubas enlèvent l’arbre responsable. Aussitôt, après avoir soulevé le tronc, Vincent se renseigne des blessures d’un enfant et l’aide à se mettre debout. Le petit Orwanien marche en boitant, sans qu’il ait de lésions importantes. Quant aux quatre autres enfants, ils ne peuvent pas marcher ; un a la jambe cassée. Les jeunes Orwaniens demandent aux Nacoubas de cueillir des grosses feuilles rigides pour fabriquer une gouttière qui  maintiendra la jambe cassée du blessé.

Un deuxième a son aile abîmée et une entaille à la cuisse. Les deux derniers ont également des coupures plus ou moins importantes sur les membres supérieurs et inférieurs.

Toutes les blessures sont nettoyées et désinfectées grâce à des plantes médicinales que les jeunes Orwaniens ont cueillies avec l’aide de leurs bienfaiteurs. Ils prennent aussi des herbes à mâcher pour soulager leur douleur.  

Les puissants Nacoubas emportent chacun un frêle enfant et se mettent en position pour le retour, Vincent s’entoure des colosses pour se protéger du vent.

Tout heureux, il a déjà contacté Rissousse pour lui affirmer que tout était parfait. Celui-ci le félicite de ses progrès de communication.

En chemin, un des enfants blessés, demande à son porteur avec des sanglots plein la voix :

- Pourquoi vous avez tué mon père ? Nous étions si heureux ensemble.

Le Nacoubas ne sait que répondre. Ainsi il portait un petit orphelin, un enfant dont il avait tué le père. Pas lui bien sûr puisqu’il avait été fait prisonnier sitôt atterri sur la planète Orwania mais les autres envahisseurs, ses frères d’armes. Il doit lui répondre… Enfin, après quelques hésitations, il lui dit :

- C’est pour cette raison que tu n’es pas venu au village ?

- Oui, les pêcheurs aussi d’ailleurs. Nous connaissions nos disparus, c’étaient les enfants de pêcheurs et aussi nos pères. Nous ne pouvions nous réjouir avec les nôtres qui revenaient sains et saufs. Sans vous, nous aurions assisté à leur retour car nous sommes heureux pour eux mais avec vous, c’était au dessus de nos forces.

Le Nacoubas explique.

- Mes deux frères se sont fait tuer. Je n’ai rien à dire puisque nous étions responsables de cette guerre. Mais lorsque je vais me trouver en face de mes parents et que je leur expliquerai la disparition de leurs fils, ils auront aussi beaucoup de chagrin. Les guerres sont toujours désastreuses…

Le vent, petit à petit, diminue d’intensité mais l’orage frappe fort. Au moment où la porte de la salle des fêtes s’ouvre pour laisser entrer les blessés et leurs porteurs, un éclair déchire le ciel en zigzagant suivi presque immédiatement du fracas du tonnerre. 

- Il n’est pas tombé loin, annonce Elisabeth qui se précipite à la fenêtre, suivie d’Audrey.

- Oooooh ! prononcent-elles totalement désolées.

- Que se passe-t-il ? demande Rissousse.

- C’est catastrophique, murmure Audrey, l’olivier est mort.

Rissousse n’en revient pas. Le principal est de soigner les enfants. Les femmes sages se chargent de cette tâche, elles ont l’habitude. Ensuite tout le monde se hâte vers la fenêtre et restent consternés.

Le vent et l’orage se sont éloignés. Rissousse prévient le Grand Maître parti vérifier les dégâts.

- Notre olivier a été foudroyé.

Lorsque le Grand Maître arrive, tous les villageois discutent devant cette catastrophe, ils s’effacent pour lui laisser le passage. A la vue des dégâts, il a l’air totalement effondré.

- Ce n’est pas possible, balbutie t-il, quel malheur… quel malheur… Nous allons devoir l’arracher.

Audrey lui prend la main, le regarde et essaie de lui faire partager son analyse de la situation.

- Je suis d’accord avec vous, c’est triste, mais il vaut mieux que ce soit lui plutôt que nous tous, vous ne croyez pas !

Cette simple réflexion d’une enfant fait réagir le Grand Maître.

- Je crois que j’ai accordé trop d’importance à ce fait, déclare t-il. Tu as raison Audrey, nous aurions pu connaître pire.

- De plus, il y a un petit olivier derrière, il n’est peut-être pas mort, ajoute Audrey.

- Comment sais-tu ça toi, s’étonne le Grand Maître.

- Lorsque nous sommes arrivés, explique Audrey, nous avons visité le village avec Lyrisse, le maître de Rissousse. 

- Nous sommes le maître d’un village, pas d’une personne, rectifie Lyrisse.

- Oui… enfin vous me comprenez, reprend Audrey. Et se tournant vers Lyrisse, vous nous avez dit de ne pas aller derrière l’olivier.

- Et alors, Audrey ? s’inquiète Lyrisse.

- Bah, j’ai été voir pourquoi, et là j’ai vu une petite pousse accrochée à une racine. 

- Tu as eu de la chance, s’exclame Lyrisse en colère. Souvent un cobra venait dormir justement derrière l’olivier et en général, il n’aime pas être dérangé.

- Oh, oui, je sais, il a levé la tête, m’a regardé et il est parti.

Le Grand Maître prend sa tête avec ses deux mains.

- Je renonce à comprendre le fonctionnement de sa réaction vis-à-vis des ordres donnés… Mais c’est une bonne nouvelle, nous allons étudier cette pousse avant d’arracher l’olivier. 

- Peut-être pouvons-nous sauver le petit olivier, ajoute Elisabeth.

Puis après réflexion, elle continue.

- Pourquoi ne pas en planter un deuxième avec les Nacoubas pour sceller  une alliance ?

Si les Nacoubas sont d’accord pour cette proposition, il n’en est pas de même pour les Orwaniens.

- Cet olivier nous rappellera continuellement le drame que nous avons enduré, déclare un Orwanien, meurtri par le décès de son fils.

Certains sont d’accord, d’autres non. Le Grand Maître intervient.

- Ce nouvel olivier, justement, nous empêchera d’oublier ce qui s’est passé. Pour les générations futures, ce sera la preuve qu’il ne faut jamais baisser la garde et qu’ils devront surveiller sans relâche le ciel, afin de ne pas être surpris comme nous l’aurions été si nos amis terriens ne nous avaient pas rendu visite. Et rapidement en souriant, il précise, et si Audrey n’avait pas eu ce caractère rebelle. 

Vu de cette manière, les Orwaniens acceptent.

Les Nacoubas font un trou avec leur propre pelle, qui fait partie de l’équipement indispensable et permanent de leur vaisseau.

Le nouvel olivier sera planté face à celui qui vécut plus de sept siècles. Ils vont prélever un jeune olivier. Le Grand Maître pose sur les racines une poudre blanche pour aider celui-ci à mieux reprendre et les Orwaniens le plantent avec beaucoup d’émotion car un magnifique arc en ciel illumine le ciel d’une façon féerique. Ces hommes, hier encore ennemis, admirent ensemble ce phénomène de bon augure. 

Les Nacoubas sont à présent prêts à partir. Les enfants blessés veulent dire au revoir à ces hommes qui ont bravé la tempête pour eux. Les Nacoubas surpris et heureux de les apercevoir leur envoient des baisers de la main en leur disant : 

- Vous nous avez pardonné, enfin nous sommes soulagés.

Les trois aventuriers se présentent aussi pour leur dire au revoir.

- Vous savez, lorsqu’on vous a vu la première fois, avoue Audrey d’un air sérieux, on vous a trouvé moches et s’il faut le dire en vrai, même affreux. Mais maintenant, on ne vous trouve pas si mal que ça !

Le Grand Maître reste choqué par de tels propos. Cependant, venant d’Audrey plus rien ne l’étonne. 

- Nous vous regardions avec les yeux de la haine, lorsque la haine disparaît, le regard n’est plus le même, s’empresse d’ajouter le Grand Maître.

Les appareils sont mis en marche. Les vaisseaux se soulèvent doucement, et au hublot, les anciens envahisseurs et les deux enfants de l’Empereur font de grands signes et s’éloignent pour retourner enfin chez eux, sur leur planète Nacouba.  

Par plume2cristal - Publié dans : LES TROIS AVENTURIERS - TOME 1 - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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