Avant de commencer…
Vincent, âgé de quatorze ans, cheveux châtains aux beaux yeux bleus a souvent l’air rêveur mais il ne faut pas
s’y fier. Il pratique depuis plusieurs années le tir à l’arc, la boxe française ainsi que la natation. Sa sœur Elisabeth, douze ans, a des cheveux bruns qui encadrent son visage très agréable,
ses yeux noisette toujours rieurs dénotent un caractère enjoué. Elle pratique les mêmes sports que son frère. Leur cousine Audrey est âgée de sept ans, elle est adorable, toute menue avec ses
cheveux blonds frisottés et ses yeux de couleur marron foncé. Ils forment ensemble le clan des trois aventuriers.
Ils ont remonté le temps et reviennent d’un voyage extraordinaire. Ils ont visité Orwania, une planète d’un autre système solaire, où ils ont affronté courageusement de graves dangers
(Réf. : LES TROIS AVENTURIERS – TOME 1 : Un monde en danger). Grâce aux Orwaniens, Vincent s’est initié à la télépathie, il peut maintenant converser avec une autre personne réceptive.
Ils arrivent sur Terre à la même heure que celle du départ sur Orwania. Avant d’atterrir, Audrey, Elisabeth et Vincent embrassent très fort leur ami Rissousse pour lui dire adieu. Tous les quatre
sont très émus de cette séparation, ils espèrent se revoir un jour. Les trois jeunes aventuriers descendent enfin du vaisseau spatial, un dernier salut de la main et Rissousse, seul à bord de son
appareil disparaît dans la nuit parsemée d’étoiles.
Rapidement les trois aventuriers pénètrent dans leur maison, montent l’escalier, entrent dans leur chambre après
s’être souhaité une bonne fin de nuit. Ils s’endorment épuisés par une telle aventure…
UN VOYAGE
PEDAGOGIQUE
Le lendemain matin, vers dix heures, Rachel, la mère de Vincent et d’Elisabeth,
étonnée de leur grasse matinée, les appelle pour prendre le petit déjeuner. Les vacances de Pâques se terminent et les parents d’Audrey doivent venir la chercher aujourd’hui. Tous les trois,
l’air épuisé, descendent nonchalamment.
- Eh bien, vous n’avez pas l’air dans votre assiette, leur fait remarquer Rachel.
Vous semblez plus fatigués à la fin des vacances qu’au début, remarquez, vous en avez bien profité. A présent, vous devez songer au collège et préparer vos sacs, sauf toi Audrey, bien
sûr !
Après deux heures de route, les parents d’Audrey sonnent à la porte. Leur fille est
radieuse. Les vacances c’est sensas, mais retrouver ses parents, son petit nid douillet, Pepsi sa chienne labrador et ses deux chats, Artax et Jasmine, c’est épatant. Le repas terminé, Sylvie et
Marc réunissent les affaires d’Audrey et les installent dans le coffre de leur voiture.
- Bon, eh bien, il est l’heure de retourner en Belgique ma chérie, annonce Sylvie.
Tu dis au revoir à tes cousins ainsi qu’à ta tante Rachel et ton oncle Didier. Merci pour tout ma petite sœur, nous t’appellerons dès que nous serons arrivés à la maison.
- Faites attention sur la route et
pas de vitesse excessive d’accord ! conseille Didier.
- T’inquiète, j’ai l’habitude avec mon travail, je ne compte même plus les
kilomètres, lance Sylvie…
A présent, Vincent n’a plus qu’une idée en tête.
- Elisabeth, je vais t’initier à la télépathie, maintenant que nous sommes
seuls.
Mais sa sœur n’est pas d’accord.
- Sur Orwania, les téléphones n’existaient pas, argumente t-elle, mais ici, on a le
portable. De plus je dois lire un livre pour lundi, alors on verra plus tard.
- Bien, je n’insiste pas, rétorque Vincent, si tu n’es pas réceptive ça ne marchera
pas, mais pense-y, ça pourrait être formidable de se donner des informations sans que personne ne le sache. Et puis, le téléphone portable est nocif pour la santé et peut tomber en panne, tu le
sais ça !
En revenant du collège le lundi soir, Elisabeth est toute excitée.
- Maman, maman… appelle t-elle.
- Oui, oui, j’arrive, deux minutes, répond Rachel, occupée dans les chambres au
premier étage.
- Tu te souviens de ce concours que la prof de SVT nous avait demandé de le faire
car, disait-elle, ça nous servirait de révision sur l’environnement… Et bien, parmi toutes les classes de 6ème et 5ème des collèges participants du Nord Pas de Calais, nous
sommes arrivés les premiers. Et pour nous récompenser, nous allons visiter la Baie de Somme pendant cinq jours. Tout est offert par les organisateurs, c’est formidable non ?
- Et vous partez quand ? demande Rachel.
- Nous partons du lundi 19 au vendredi 23 juin, cinq jours à visiter le coin, il
paraît que c’est super. Je te rapporterai le programme cette semaine, comme ça tu connaîtras toutes les activités.
Le jour du départ, Rachel et Vincent accompagnent Elisabeth aux abords du collège.
Les élèves sont tous excités. Avant de monter dans le car, Vincent met son couteau suisse dans la poche du blouson d’Elisabeth.
- Je n’ai pas le droit Vincent, dit-elle tout bas.
Mais Vincent insiste :
- On ne sait jamais, ça pourrait être utile et surtout fais attention à toi,
d’accord.
La jeune fille embrasse sa mère qui lui fait mille recommandations.
- Obéis, ne t’éloigne pas…
- Maman, j’ai douze ans tout de même. Tu penses bien que je ne vais pas faire
l’imbécile au risque d’avoir un accident. On va étudier la faune et la flore, il y aura un ornithologue. Il connaît parfaitement les marées, car je suppose que c’est à ça que tu penses ? Je
ferai attention, je te le promets.
Elle donne un baiser à son frère et à sa mère, puis elle monte dans le car avec un
grand sourire aux lèvres.
- A vendredi, je vous aime…
Tout le monde est placé dans le véhicule. Un professeur commence l’appel, quand un
jeune garçon arrive en courant, un petit paquet à la main. Il appelle Elisabeth qu’il connaît très bien, souvent ils font la route du collège ensemble.
- Elisabeth, veux-tu remettre ce paquet à Adeline, elle est déjà partie dans le
premier car, c’est un petit cadeau que j’ai oublié de lui donner avant son départ.
- Bien sûr, répond Elisabeth. Tu peux compter sur moi.
Elle met le petit paquet dans la poche de son blouson.
- Merci Elisabeth, tu es un ange.
- Oh ! répond celle-ci, en riant, ne retire pas le « g »
surtout.
Le professeur lui demande de se rendre à sa place.
Les portes se ferment, les clignotants du car préviennent du départ. Les parents
agitent les bras, parlent entre eux pour se rassurer.
- Les élèves ont avec eux trois accompagnateurs en plus du professeur, ils sont
bien encadrés, assure une maman.
Le car disparu, il ne reste plus qu’à rentrer.
Rachel et Vincent rejoignent leur voiture.
- T’en fais pas maman, rassure Vincent. Ce serait Audrey, tu pourrais t’inquiéter,
mais Elisabeth est responsable. De plus, elle a son portable. Que veux-tu qui lui arrive ?
Dans le car, les enfants, insouciants chantent, mangent des biscuits, des
confiseries, boivent des petites bouteilles de jus de fruits. Tout va bien.
- Elle n’est pas belle la vie ! dit Elisabeth à son amie Camille.
Elles éclatent de rire.
Après deux heures de route, le voyage se termine enfin. Les deux cars arrivent dans
une grande ferme et se garent à leur emplacement réservé. Tout le monde descend. Derrière les clôtures, ils voient des chèvres, un âne, des poneys, des moutons. Un surveillant leur dit qu’il y a
également des poules, des lapins et des canards.
- Tenez, les pigeons vous saluent en volant au dessus de vos têtes, fait remarquer
le surveillant.
Les collégiens sont ravis.
- Vous avez deux heures pour visiter la ferme et vous amusez, reprend le
surveillant. Ensuite, nous déjeunerons. Cet après-midi, nous ferons une promenade à pied pour visiter les environs et demain matin, direction la Baie de Somme afin d’étudier la faune et la
flore.
Pendant que les ados s’amusent, deux surveillants font le tour de la cantine et des
dortoirs, tout est ok. La cloche sonne pour réunir les élèves des deux classes de sixième ainsi que celles des cinquièmes.
Une fille, accompagnée de ses copines s’approche d’Elisabeth. Elle l’interpelle
méchamment.
- T’as rien à m’donner ?
Elisabeth pense aussitôt au cadeau qu’elle a dans sa poche.
- Ah oui, tiens c’est de la part…
Mais elle n’a pas le temps de terminer sa phrase.
- Garde ta salive, je sais d’qui sait. Tu voulais l’garder pour toi, espèce de
choureuse !
Elisabeth vexée, lui répond sur le même ton :
- Tu pourrais être plus aimable, je n’étais pas obligée de le prendre !
- L’prendre et l’garder pour ti, ouais…
Le ton monte. Une accompagnatrice s’approche :
- Que se passe t-il ?
Une copine d’Adeline répond :
- C’est elle, elle a volé un paquet à Adeline.
- Mais pas du tout, s’écrie Elisabeth. Elle ne peut continuer, l’accompagnatrice la
prend par le bras pour l’entraîner vers la cantine.
- Je ne veux pas de ça ici, compris ?
Elisabeth ne répond pas.
- Compris ? insiste l’accompagnatrice.
- Oui, lui répond-elle dans un murmure, mais je n’ai rien volé.
- Parce que tu viens de lui rendre, c’est terminé, je ne veux plus entendre parler
de ça.
Elisabeth est abasourdie. Elle veut rendre service et voilà que ça tourne au
drame.
A la cantine, elle s’assied à côté de Camille et lui explique ce qui s’est
passé.
- Je ne suis pas surprise, c’est une vraie furie cette fille ! Elle a souvent
des histoires au collège, explique Camille pour essayer de la consoler.