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LA MAISON DE RISSOUSSE
Des tables sont dressées avec toutes sortes d’aliments naturels. Les enfants se régalent.
Rissousse et Vincent se trouvent l’un à côté de l’autre.
- Alors, vous vous êtes bien amusés ? demande Rissousse. Vincent, dis-moi, que
penses-tu de Wyrisse ?
- Elle est adorable, pourquoi ?
- Eh bien, vois-tu Vincent, Wyrisse est ma fille. J’espère qu’entre vous, tout ira
bien…
- Ah ? Elle ne me l’avait pas dit, c’est une petite cachottière alors.
- Vous connaissez maintenant toute ma famille, Siphoste, Wyrisse et Chanysse. Regarde-le
celui-ci, il est en admiration devant Elisabeth et Audrey. Il boit leurs paroles !
A présent la fatigue se fait sentir.
- Vous dormirez chez moi ! dit Rissousse. Votre chambre est prête. Siphoste va
s’occuper de vous.
- Vincent, tu devras te baisser pour franchir les portes, je crois que tu seras un peu
trop grand, s’inquiète Siphoste. Nos maisons font deux mètres, mais les portes ne mesurent qu’un mètre soixante cinq. Et toi, quelle est ta taille ?
- Un mètre soixante huit, répond Vincent.
- Et quand tu seras adulte ? se renseigne Chanysse.
- Un mètre quatre vingt, certainement comme mon père.
- Vous êtes tous grands sur Terre ? demande Wyrisse.
- Non, il y a des peuples plus petits que d’autres. En Afrique, par exemple, vous avez les
Pygmées qui mesurent un mètre cinquante et les Watusis, eux, atteignent deux mètres dix, ce sont les plus grands je crois. Les femmes sont de plus petites tailles. Par exemple, ma mère mesure un
mètre soixante cinq.
Après cette petite explication, Siphoste fait visiter leur demeure. Une belle pièce avec
cuisine comprenant, en dessous d’une fenêtre un évier, puis à côté une plaque chauffante, un petit placard hermétique, faisant objet de réfrigérateur, dont la température ne dépasse pas les 4 °C.
Un long bahut sépare la cuisine de la salle sur lequel une grande coupe de fruits bien garnie est toujours à disposition. Siphoste montre les trois chambres qui communiquent par un
couloir.
- Ici c’est la nôtre, affirme Siphoste, en face celle de Wyrisse et à côté c’est celle de
Chanysse. Les toilettes se situent entre les chambres des enfants et la douche, au fond du couloir.
Ce qui étonne le plus les trois aventuriers, ce sont les innombrables dessins sur les murs
qui représentent de véritables scènes de la vie des Orwaniens.
- Que c’est beau ! s’exclame Vincent. Qui a dessiné tout ça ?
- Nous, répond Wyrisse, ça vous plaît ?
Elisabeth est en admiration.
- Oh, c’est très joli mais où achetez-vous votre peinture ?
- Ici, nous n’achetons rien explique Siphoste. Nous allons chercher de la craie que nous
broyons, lavons et filtrons. Ensuite nous enduisons nos murs, ce qui nous donne un bon support pour les peintures. Pour les couleurs se sont les hommes et femmes sages qui nous les procurent.
Elles sont à base de plantes, de fleurs et de minerais. Ensuite c’est à nous de doser avec notre craie pour obtenir la couleur souhaitée. Chacun fait ce qu’il veut dans sa chambre, pour le reste,
nous avons imaginé ensemble ce qui nous faisait le plus plaisir.
- Dans le couloir, vous avez reconnu ? interroge Wyrisse.
- Oui, disent ensemble les terriens. C’est l’endroit où nous étions, continue Vincent. Les
rochers d’où tu as plongé, les poissons dans le fleuve, les arbres et les fleurs sur les berges, quel travail. C’est fascinant !
Chanysse veut montrer son œuvre dans sa chambre. Elle représente une partie de pêche. La
mer prend tout un mur. Des gros poissons sautent et plongent dans l’eau. Les Orwaniens, dans des barques lèvent un long filet. Vincent, Audrey et Elisabeth ont l’impression de revivre la partie
de pêche et félicitent l’artiste. Wyrisse se demande si elle va avoir autant de succès et devant Vincent, elle se sent un peu gênée. Sa maman s’est rendue compte tout de suite de son
souci.
- Ta peinture est très belle aussi, ne t’inquiète pas, la rassure t-elle.
En effet, Wyrisse s’est représentée, survolant un lac. Une multitude de fleurs couvrent le
sol, ainsi que les rochers autour d’une très impressionnante cascade. Des petits lapins mangent de l’herbe, des écureuils, debout sur leurs pattes arrière, semblent s’affronter en combat
singulier, tandis que d’autres grimpent dans les arbres. Vincent est ébahi de voir une telle œuvre.
- C’est magnifique, tu as vraiment un don, annonce t-il.
Wyrisse est toute fière de son succès. Audrey et Elisabeth continuent à admirer.
- J’adore tes petits écureuils, dit Elisabeth.
- Moi aussi, s’exclame Audrey qui en profite pour s’asseoir sur le lit de Wyrisse.
Ce lit se compose d’un carré de bois, monté sur quatre pieds, entièrement recouvert de
cordes tressées. Comme matelas, des herbes dans une housse en tissu très blanc fabriqué avec des feuilles de Yuccas séchées et traitées. Siphoste montre deux matelas supplémentaires dans la
chambre de sa fille.
- Elisabeth, si tu veux tu peux prendre le lit de Wyrisse. Ma fille dormira avec Audrey
sur les matelas posés au sol. Quant à toi Vincent, tu es trop grand pour dormir sur le lit de Chanysse, tu te serviras du matelas au sol. Je vous quitte les enfants, soyez sages et à demain
matin.
Pour dire bonsoir, Siphoste pose sa main gauche sur la tête de sa fille qui réitère le
même geste. Vincent, Audrey et Elisabeth sont étonnés et expliquent qu’ils embrassent leurs parents. Pour le démontrer, Vincent pose ses lèvres sur la joue de Wyrisse. Elle se sent troubler mais
trouve que c’est fort agréable. Elisabeth fait de même avec Chanysse. Quant à Audrey, elle passe ses deux bras autour du cou de Siphoste et l’embrasse énergiquement sur la joue.
- L’autre va être jalouse, ajoute Audrey. Elle recommence son geste tendrement de l’autre
côté.
Vincent en profite pour faire un deuxième baiser à Wyrisse.
Chanysse regarde Elisabeth.
- Moi, j’en ai eu qu’un, ce n’est pas juste.
Elisabeth, en riant répare cette injustice.
La maman sort de la chambre de Wyrisse, à peine a t-elle refermé la porte que Vincent et
Chanysse viennent retrouver les filles avec leurs matelas sous le bras. Tous les cinq, assis en tailleur, se posent mille questions. Ce qui inquiète Chanysse c’est la manière de se déplacer sur
la Terre.
- Comment faites-vous pour vous déplacer puisque vous n’avez pas d’aile ?
- Il y a des voitures, explique Vincent, des trains et des avions pour ça.
- Et même des bicyclettes, des rollers… euh…des fusées, fait remarquer Elisabeth.
- C’est quoi des voitures, des trains et tout ça ? questionne Chanysse.
- Ne t’en fais pas Chanysse, tu l’apprendras l’année prochaine avec les hommes et femmes
sages, affirme Wyrisse. Saches que ce sont des sortes de boîtes montées sur quatre roues et qui roulent très vite. Pour les trains, ce serait plusieurs boîtes attachées qui roulent sur des rails,
c’est-à-dire des barres de fer. Et enfin, les avions, eux, ils volent.
- Ah ! s’exclame Chanysse, ça doit être formidable.
- Oui, répond Elisabeth, c’est formidable, sauf que pour vous c’est gratuit puisque vous
avez vos ailes. Chez nous, il faut payer et ça coûte très cher. Et puis vous, vous avez la possibilité de partir quand vous voulez, tandis que nous, il faut attendre l’heure du départ.
- Et comment se procure t-on de l’argent ? demande Chanysse.
- En travaillant, répondent ensemble les trois aventuriers. Il faut se lever plus ou moins
tôt le matin, poursuit Vincent, prendre la voiture, le train, le métro, le car, le vélo, tout ça ce sont des moyens de transport payants, pour se rendre à l’usine, au bureau, au travail
quoi.
- Et c’est difficile ? questionne Chanysse.
- Et bien, tu sais, lorsque les parents ont un travail, ils se plaignent qu’ils sont
fatigués, lorsqu’ils n’en ont plus, ils se plaignent encore plus car ils n’ont plus d’argent et cela devient catastrophique pour manger, s’habiller et se loger.
- Vous êtes esclaves de l’argent, soupire Wyrisse, c’est beaucoup mieux ici. Bon,
maintenant, sur ces bonnes paroles, il faut dormir.
Personne ne conteste car ils sont tous vraiment fatigués. Ils n’ont même pas le courage de se déplacer
et c’est les uns à côté des autres qu’ils s’endorment en pensant à la nouvelle journée formidable qu’ils vont vivre demain…
LA SUITE MARDI PROCHAIN...