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UNE CAVERNE BIEN GARDEE
- Rissousse, tu sais, nous avons eu de bons conseils par le dieu Cobra sur la colline
interdite… dit Audrey
- Oui, et alors ?
- Nous pensons que nous devrions le rencontrer à nouveau mais avec toi, surenchérit
Vincent, car tu pourrais prévenir tout de suite les maîtres des villages, s’il nous arrivait quelque chose !
- Moi ? Mais ce n’est pas possible, c’est interdit ! s’insurge
Rissousse.
- Oui, jusqu’à ce jour car il n’y avait aucun danger, insiste Elisabeth, mais aujourd’hui
c’est grave, et Vincent pense que des armes sont cachées sur la colline dans des grottes.
- Vous avez raison, même si je ne dois pas revenir, il faut essayer et je serai en contact
avec les maîtres des villages s’il nous arrivait malheur…
Les trois aventuriers et Rissousse partent sans prévenir car personne ne doit connaître
leur folie. Très soucieux de ce qui les attend, le chemin est long et pénible…
Enfin l’expédition se termine. Fatigués, ils gravissent encore les derniers mètres. Petit
à petit le soleil se couche à l’horizon. Tout à coup, d’une faille entre les rochers, le voilà, celui que les quatre intrus attendaient. Majestueux, il se dresse doucement, les regarde et sa voix
impressionnante cloue les quatre intrépides sur place.
- Vous avez bien travaillé ! dit le Cobra Royal. Je savais que l’on pouvait compter
sur vous… Vous avez raison, les armes sont ici, et personne n’y a touché, nous en étions les gardiens. Notre rôle est terminé à présent. Nous vous laisserons la place, mais avant, venez voir
l’endroit.
Entre deux rochers imposants, un petit passage permet aux quatre amis d’entrer dans une
caverne remplie de cobras plus grands les uns que les autres. Ces derniers leur laissent la place en empruntant des couloirs obscurs qu’ils ont l’habitude de prendre pour s’alimenter, se
désaltérer ou tout simplement se chauffer au soleil. Puis le Cobra Royal reprend la parole.
- Voici les armes. Ne vous en servez que par nécessité. Sachez que votre vie ne sera plus
jamais la même. La vie agréable et harmonieuse que vous meniez est terminée. Votre monde est en danger, sauvez-le ! C’est le bien le plus précieux que vous possédez…
Les quatre compères remercient respectueusement le Cobra Royal. Tout à coup, Rissousse, demande à Vincent, Elisabeth et Audrey de ne plus faire de bruit. Il capte ses amis dans le vaisseau spatial grâce à un petit appareil qu’il a au
poignet.
- Ecoutez ! dit Rissousse. Ce sont les nôtres qui piratent les conversations de nos
ennemis.
- Vous deviez faire des prodiges avec vos stupides oiseaux et tout est nul ! Aucun
résultat ! Les enfants que nous devions récupérer pouvaient nous servir de monnaie d’échange. Ce maudit peuple n’aurait rien fait contre nous et aurait été forcé de nous accepter. A présent
tout est à refaire ! Vous dites qu’ils n’ont pas d’armes ? Tant mieux ! Alors pulvérisez-les tous, nous prendrons leur place. Ici, ce n’est plus respirable, une usine chimique a
explosé, tout est contaminé... Des nuls !!! J’ai commandé des nuls !!! Nous n’avons plus d’eau potable, des tonnes de poissons ont le ventre à l’air en mer et sur les fleuves. C’est
catastrophique. Nous ne comptons plus nos morts. Nous prenons les vaisseaux pour vous rejoindre. Nous sommes quatre cents environ prêts à partir. Les autres, tant pis pour eux…
Soudain cette voix remplie de hargne et de haine se tait. Les quatre amis n’en reviennent
pas. Comment peut-on être aussi monstrueux ?
- Il faut faire vite ! Il n’y a plus de temps à perdre, conseille Elisabeth.
- Je crois qu’elle a raison, insiste Audrey.
- Je vais prévenir les maîtres des villages pour qu’ils prennent ce qui peut servir comme
armes de défense, intervient également Rissousse.
Vincent prend une sorte de pistolaser. Il est muni d’une longue vue infra rouge qui permet
de voir dans les couloirs obscurs de la grotte.
- Il va falloir enlever les rochers, ça ne va pas être une mince
affaire ! s’inquiète Vincent.
Audrey a pris aussi ce nouveau jouet amusant et très léger. Elle tape sur la crosse avec
sa main.
- Attention ! Ne fais pas ça, on ne sait jamais, c’est dang…
Rissousse n’a pas le temps de terminer sa phrase que la main d’Audrey fait basculer un
bouton. Le coup part, un jet de lumière silencieux mais efficace pulvérise les deux gros rochers qui obstruaient la grotte.
- Impressionnant ! murmure Vincent, en prenant l’arme des mains d’Audrey. Nous
devons être très prudents.
- Bah, je voulais juste jouer, c’est tout… dit Audrey, les joues rouges, en regardant
son nouvel ami.
Quelques minutes après l’appel de Rissousse, de nombreux Orwaniens arrivent par les airs.
Rissousse leur montre comment tenir cette arme et leur demande d’être très prudents car le pouvoir de destruction de ces étranges objets jusqu’alors inconnus est très important. Et comme à leur
habitude, ceux qui savent apprennent aussitôt à ceux qui ignorent. Si bien qu’en peu de temps, tous connaissent le maniement et le danger que représente ce nouvel engin.
Les futurs combattants armés d’un pistolaser redescendent au village pour discuter de la
stratégie à mettre en place. Elisabeth ne voyant pas Audrey retourne à l’entrée de la grotte, appelle mais personne ne répond. Elle évite de bouger pour percevoir le moindre bruit. Puis une
petite voix lui parvient.
- Je suis là, en dessous !
- Ne bouge plus, j’appelle Rissousse et Vincent et nous te rejoignons tout de suite,
répond Elisabeth.
- Il y a une porte, je vais l’ouvrir, réplique Audrey
- Non, attends on arrive, répète sa cousine.
En avançant dans la grotte, les trois personnages découvrent un escalier, descendent et
trouvent enfin Audrey.
- On l’ouvre ou on ne l’ouvre pas ? interroge Audrey qui leur montre une porte dans
la paroi. Fébrilement, Rissousse tourne la clenche. La porte s’ouvre. Il contacte Lyrisse par télépathie qui, peu de temps après, se retrouve avec
eux pour contempler leur découverte.
- C’est un laboratoire d’observation ! constate Lyrisse qui n’en revient
pas.
Un télescope géant trône au milieu de la pièce, éclairé comme par magie.
- A cet endroit, ce télescope ne peut servir, il faut une ouverture, comment
faire ?
- Je commence à avoir faim, je voudrais redescendre au
village ! pleurniche Audrey.
Lyrisse s’approche d’Audrey et lui offre des fruits qu’il avait dans un petit sac.
- Ces quelques fruits couperont ta faim, mais tu sais l’heure est très grave, patiente un
peu.
Audrey fait la moue. Nonchalamment, elle appuie sa main sur le mur. Tout à coup un grand
bruit emplit la caverne. Le plafond se sépare en deux et le ciel apparaît à la grande surprise de ceux qui se trouvent dans la pièce. Plusieurs maîtres venu les rejoindre à l’appel de Rissousse,
se tournent vers Audrey qui s’écrie :
- C’est pas moi, je n’ai rien touché !
Ils viennent étudier l’endroit où elle s’est appuyée. Un rocher difforme dépasse
légèrement des autres qui forment le mur.
- Doucement, nous allons toucher ce rocher à plusieurs endroits, ajoute un maître, il
tourne, regardez !
Un grand mur se déplace comme une immense porte de garage et là, surprise, des appareils
volants sont bien rangés les uns à côté des autres. Les maîtres sont tous comme pétrifiés. Leurs ancêtres avaient muré toutes ces armes. Mais
pourquoi n’avoir rien dit à personne ? Un danger les menaçait et ils ne possédaient rien pour se défendre alors que toutes ces armes et appareils dormaient là. Des documents explicatifs ne
demandaient qu’à être étudiés. Ainsi ils pouvaient être sauvés !
- Vérifiez si les appareils sont en état de fonctionner, conseille un maître.
Rissousse monte aussitôt à bord, met un appareil en marche, c’est le même que celui qu’ils
ont déjà, et grâce à l’énergie solaire, il va pouvoir décoller.
- Nous allons faire revenir ceux qui peuvent se battre, leur donner à boire et à manger et
préparer un plan d’action, dit un maître. D’après nos renseignements, nos ennemis sont à l’extrême nord de la planète. Nous pensions qu’aucune vie n’était possible à cause du vent et du froid.
Lorsque nous avions survolé cette région pour en connaître les limites et les indiquer sur nos cartes, nous nous sommes aperçus que la température
atteignait les
– 50° C et que les glaciers recouvraient cette zone. Il n’est donc pas question de se mesurer à terre avec un ennemi qui supporte un froid polaire, nous n’aurions aucune chance car ils doivent posséder des
appareils bien spécifiques pour attendre dans un tel endroit. Avec nos vaisseaux armés, la force sera de notre côté. Quelles sont les dernières nouvelles de ces envahisseurs ?
- Les autres vont quitter leur planète bientôt, répond Rissousse. Ce sont les derniers
préparatifs, il faut faire vite.
- Je peux vous accompagner, je me mettrai au tir ! décrète Vincent. La première chose
à faire c’est d’attaquer leur base, nous devons les supprimer mais attention, ils peuvent avoir des armes de destruction massive. Il faut donc tuer cet envahisseur redoutable. C’est bizarre, j’ai
l’impression d’être Luc Skywalker dans Starwars, simplement là, ce n’est plus à la télévision mais bel et bien dans la réalité et si Luc a réussi alors, nous aussi, nous vaincrons notre
ennemi…Oui, que la force soit avec nous tous !