Mercredi 29 avril 2009

10

VERS UN NOUVEAU DEPART

 

Catastrophé, à la vue de ces corps, le Nacoubas se dirige vers les anciens appartements de l’Empereur. Il se retrouve face au va-et-vient des femmes et des enfants blessés que l’on transporte vers la salle à manger après avoir reçu les premiers soins.

A présent, tous sont au courant de la situation. Les soldats qui se trouvent dans la salle des commandes en sureffectif, descendent vers les cellules pour offrir leurs services.

Un enfant particulièrement agité est pris en charge par Rissousse. Ce dernier lui parle doucement, lui demande de regarder ses yeux et frotte du bout des doigts de sa main gauche le dessus de sa tête à l’endroit où se trouvait la fontanelle. L’hypnose est réussie. Le chirurgien peut à présent travailler.

- Entre les blessés de l’attaque de l’Empereur et ici, nous n’avons plus d’antiseptique et de morphine, s’inquiète un infirmier Nacoubas. Trois femmes sont décédées, la femme de l’Empereur, sa sœur et sa mère. D’autres suivront si nous ne recevons pas de médicaments. 

- Tous mes hommes ont ce qu’il faut, riposte Rissousse. Si vous pouvez les faire venir à bord, ils apporteront notre médecine.

- Nous n’avons pas le choix, de toute façon nous sommes à votre merci, reconnaît le Commandant Keplok. Après ce que nous vous avons fait endurer, accepteront-ils ? Et votre Grand Maître, lorsqu’il sera au courant de votre initiative, que va-t-il dire ? poursuit-il.

- Mais mon Grand Maître sait déjà tout ce qui se passe ici, souligne Rissousse. Je ne me permettrais pas de transgresser un ordre.

- Mais comment allez-vous les prévenir ? demande le Commandant Keplok.

- C’est fait, ils savent combien il y a de blessés, avec la pharmacie de deux appareils ce sera suffisant.

Les deux astronefs font des manœuvres d’approche. Ils se posent sur la plate forme du vaisseau impérial à un endroit bien déterminé. Lorsque la partie de la plate-forme s’abaisse, les Orwaniens paniquent un peu mais ont cependant toute confiance en leur responsable. Ils savent très bien que Rissousse ne les attirerait jamais dans un endroit dangereux.

Les huit hommes suivent leur guide et arrivent dans la pièce qui servait de salle à manger et qui maintenant est un véritable hôpital. Quatre d’entre eux restent avec les blessés pour nettoyer leurs plaies et soulager leurs souffrances.

Les quatre autres descendent vers les cellules. Sans un mot, ils sortent leurs produits et des bandes fabriquées à base de toile d’araignée.

Deux garçons particulièrement agressifs ne veulent pas se faire soigner et insultent même leurs bienfaiteurs. Le Commandant Keplok est horrifié du comportement de ces deux enfants.

- Qui sont-ils ? demande Rissousse.

Le Commandant gêné, avoue que ce sont les deux enfants de l’Empereur, Blork qui a six ans et Klourk, sept ans. 

- Nous allons nous occuper d’eux, mais ils devront accompagner vos soldats qui viendront chercher les prisonniers dans notre village. Notre Grand Maître les guérira définitivement de leur agressivité.

Les deux Orwaniens regardent les enfants dans les yeux. Petit à petit, l’irascibilité est moins prononcée. Ils se calment et se laissent soigner normalement. Le Commandant Keplok n’en revient pas et demande des explications à Rissousse.

- Mes hommes ont imposé leurs volontés mais ce sera de courte durée. La hargne qui les habite est impressionnante. Ils vous causeront de gros problèmes, et adultes ils seront aussi dangereux que leur père. Vous savez, continue Rissousse, vos huit prisonniers sont libres, ils font ce qu’ils veulent, ils cherchent même à aider nos hommes et femmes sages dans leurs différents travaux. Ils se renseignent sur notre mode de vie, notre médecine, notre nourriture…

- Huit seulement ? s’étonne le Commandant Keplok. Ils ne sont pas enfermés ?

- Il n’y a aucune raison, ils sont très pacifiques mais malheureusement nous avons nos disparus et ça nous avons du mal à pardonner, les voir continuellement devient de plus en plus pénible pour notre peuple. C’est pour cette raison que vous devez aller les chercher très vite. Bon, tous les blessés sont à présent hors de danger. Quant aux morts, placez-les dans vos sacs en plastique, et mettez-les dans une chambre froide, ainsi vous pourrez les ramener sur votre planète. Repartez chez vous, déclare Rissousse. Seuls deux de vos vaisseaux nous accompagneront pour récupérer vos huit hommes. Tous les autres sont au royaume de la nuit éternelle. Depuis des générations et des générations, nous n’avions pas été confrontés à pareille horreur. Notre Grand Maître vous fait parvenir par ma voix, le souhait que vous repreniez toute situation en main. Votre révolte était légitime. Il vous faudra beaucoup de temps pour reconstruire votre planète. Ne répondez pas à la haine par la haine, essayez de comprendre et de raisonner ceux qui veulent se battre. La souffrance et la misère sont bien souvent responsables d’actes de violence, combattez-les. Que votre courage soit récompensé, Messieurs, adieu… 

De son village, le Grand Maître prévient les habitants qui restent enfermés à cause  de la situation. Tous ont hâte de retrouver ces combattants, membres de leur famille ou de leur village. Ils savent aussi que des Nacoubas viennent chercher leurs prisonniers et cela les inquiète même si les maîtres des villages ont beau dire qu’il n’y a pas de danger.

- Vincent serait là, il dirait on ne sait jamais, affirme un Orwanien. Nous voulons garder nos armes et nous ne les rendrons que lorsqu’ils seront repartis.

Les Orwaniens atterrissent les premiers et descendent sous les ovations de leurs amis. Les familles sautent au cou des héros. Les Nacoubas les suivent, leurs appareils stoppent mais l’accueil n’est pas le même, des hommes armés les entourent. Les Nacoubas savent qu’au moindre geste ils n’existent plus. Rissousse va à leur rencontre et leur demande de descendre. Le Grand Maître regarde ces gaillards étonnés de se trouver ici dans de telles conditions. 

- Vous avez deux enfants à soigner je crois, ils vont venir avec moi, nous reviendrons avec les prisonniers.

Le Grand Maître prend les enfants par la main.

- Venez les enfants, ne craignez rien. Il ne vous sera fait aucun mal, assure le Grand Maître. Vos blessures vont beaucoup mieux, à ce que je vois.

- Ils vont se battre ? demandent les enfants d’un air inquiet.

- Mais non, entre gens de bonne intelligence, il y a toujours un moyen d’échanger sans brutalité. Puis le Grand Maître s’éloigne avec les deux enfants de l’Empereur.

 

Rissousse est étonné de la réaction de ses compatriotes. Pendant des générations, ils ont fui la violence et là, en quelques semaines, ils sont devenus de vrais guerriers.

- Je vous présente des Nacoubas courageux qui se sont battus à nos côtés, explique Rissousse. A présent, toutes leurs armes sont neutralisées. Ils ont tenu tête à leur Empereur, l’ont emprisonné mais celui-ci s’est échappé grâce à un de ses fidèles. Plusieurs d’entre eux ont payé de leur vie cet acte de courage. Si l’Empereur n’avait pas été neutralisé nous ne serions peut-être pas ici mais au pays de la nuit éternelle. Et vous, il vous aurait massacré car il aurait tout fait pour envahir notre monde. A présent qu’il est mort la paix est revenue. L’un d’entre eux a même sauvé la vie de Vincent.  

- C’est vrai ? s’écrient Elisabeth, Audrey et Wyrisse.

- Et oui, c’est vrai, il s’est jeté devant moi, affirme Vincent. C’est lui qui a été gravement blessé, les siens l’avaient condamné et grâce aux soins de Rissousse, il a échappé à la mort.

Les trois filles se précipitent sur Vincent, ce qui fait sourire tout le monde et décontracte l’atmosphère. Les Orwaniens baissent leurs armes et invitent les Nacoubas à venir dans leur village.

- Nous allons ranger les armes, déclarent les Orwaniens qui s’envolent jusqu’à la grotte sous les regards médusés des Nacoubas.

Des tables arrivent de tous côtés pour fêter le courage de ces hommes qui comme eux ont subi la tyrannie de ce cruel despote. Le Grand Maître a conduit les enfants dans le laboratoire du village des hommes et des femmes sages. Tandis qu’une femme sage s’occupe de Blork, six ans, Klourk, sept ans suit docilement le Grand Maître qui le fait asseoir sur une chaise, le regarde bien dans les yeux, lui parle doucement. L’enfant hypnotisé est prêt pour l’opération. Le Grand Maître se munit d’une longue épine de cactus, la plonge dans un liquide spécial tout en continuant à parler à l’enfant endormi artificiellement. A la base du crâne avant la première vertèbre cervicale, il enfonce cette épine qui doit atteindre le cerveau et localiser la cellule responsable du caractère belliqueux de cet enfant. Le Grand Maître suit par visualisation mentale le parcours de l’épine. Il ne doit pas faire d’erreur sinon la vie de l’enfant sera un calvaire. Le travail accompli, il retire méthodiquement l’épine, il parle toujours à l’enfant jusqu’au dernier moment. Enfin, l’opération  terminée,  Klourk reprend conscience.

- Je n’ai presque rien senti, admet Klourk. J’ai été courageux ?

- Très, répond le Grand Maître qui se prépare pour la seconde opération. J’espère que ton frère sera aussi patient que toi.

Il sort tout souriant. Blork, mis en confiance par les paroles de son frère suit le Grand Maître sans protester. L’opération effectuée sur les deux enfants, le Grand Maître les conduit près des prisonniers. Leur rencontre est émouvante. Les enfants expliquent aux soldats qu’ils sont venus les chercher, que l’Empereur, leur père est mort ainsi que leur mère.

- Venez, dit Klourk. Nous allons mener une nouvelle vie… espérons sans violence.

Quelques femmes et hommes sages les accompagnent au village de Rissousse. 

Par plume2cristal - Publié dans : LES TROIS AVENTURIERS - TOME 1 - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Mardi 14 avril 2009

9

L’EMPEREUR DECHU

 

 Les pertes sont sévères d’un côté comme de l’autre. Vincent, malheureux de voir ses compagnons se faire tuer, est transfiguré par la rage, son souffle devient rapide, bruyant, des larmes coulent sur ses joues. Les hommes ailés, surtout Rissousse, sont ébahis de sa transformation et essayent de le calmer.

-  Attention Vincent, dit Rissousse, ta haine risque de perturber ton tir.

- Pas de danger ! répond Vincent en s’appliquant à viser un adversaire, qui, touché, explose dans une gerbe de feu. 

Des ordres fusent du vaisseau empereur.

- Cessez le tir et alignez-vous sur nous ! Je vous répète, cessez le tir et alignez-vous sur nous.

Surpris les Nacoubas pensant à une ruse pour mieux surprendre les Orwaniens, se replient près de leur vaisseau impérial pendant que les rebelles cherchent à entrer en contact avec leur ennemi Orwanien pour faire cesser le combat à tout prix.

- Nous voulons la paix, dit le Commandant Keplok. Nous avons neutralisé notre Empereur. Il est à présent notre prisonnier, je répète nous voulons la paix !

Un des Nacoubas fidèle à son Empereur refuse le pacte avec l’ennemi et veut reprendre le combat. Il est immédiatement abattu par les siens qui en ont assez de tous ces combats qui ne mènent visiblement à rien.

 

Après avoir pris conseil auprès du Grand Maître, Rissousse accepte de parlementer. Il est invité à se poser sur la plate-forme du vaisseau impérial, à une place désignée. Rissousse s’exécute, non sans une certaine appréhension. Toujours par télépathie, il a ordonné à ses amis de tirer pour supprimer le vaisseau ennemi même si lui et les siens prisonniers sont dans l’impossibilité de repartir. Toutefois il reste en contact permanent avec eux. Le Grand Maître donne également son accord et espère que tout se passera bien et que Rissousse, Vincent et leurs compagnons retrouveront le chemin du village.   Les moteurs éteints, ils ont la surprise de descendre avec une partie de la plate-forme. L’avant de l’ascenseur touche le sol tandis que l’arrière reste légèrement élevé, ce qui permet à l’appareil de rouler doucement. Sitôt libéré cet ascenseur se relève pour refermer le plafond.

- Là nous sommes vraiment à leur merci, s’inquiète Vincent. 

Ils sont invités à suivre des soldats très calmes et même souriants. Rissousse demande à deux de ses hommes de rester dans l’appareil, ils communiqueront comme d’habitude.

Rissousse et Vincent accompagnent leurs guides. Ils empruntent un escalier et se retrouvent dans un vaste hall joliment fleuri. Un Nacoubas ouvre une porte, la pièce est meublée luxueusement, garnie de tableaux, de statues ainsi que de vases de grande valeur qui prouvent le bon goût mais aussi l’amour du luxe et pour Rissousse l’inutilité. Ils sont maintenant présentés au Commandant rebelle, Keplok. Celui-ci règle son décodeur vocal et s’adresse aux deux arrivants.

- Je suis le Commandant Keplok. J’ai pris la responsabilité de cette flotte. Nous avons mis en prison l’Empereur et sa famille qui nous ont conduits vers le plus grand désastre. Nous vous félicitons pour votre courage et nous vous demandons l’arrêt des combats. Nous acceptons d’être vos prisonniers mais sachez que sur Nacouba, des hommes, des femmes et des enfants souffrent sans personne pour les diriger. A force de faire la guerre à tous les peuples de notre planète afin de les soumettre à la volonté de notre Empereur, nous avons tout détruit et nous allions faire la même chose chez vous si vous ne nous aviez pas stoppés.

Rissousse a bien étudié cet homme, il doit être sincère.

- Notre Grand Maître vient de me prévenir qu’il ne désire pas de prisonnier, dit Rissousse. Il accepte que vous fassiez demi-tour pour retourner chez vous. Nous vous demandons simplement de venir chercher huit prisonniers qui se trouvent dans notre village,  ils sont complètement désoeuvrés et inspirent pour notre peuple un sentiment inconnu jusqu’alors : la haine.

Le Commandant Keplok est étonné de la réponse de Rissousse. Comment est-il entré en communication avec son Grand Maître ? Décidément, ces gens resteront une énigme pour lui.

Pendant que Rissousse et le Commandant Keplok parlementent, un homme rend visite au gardien qui surveille l’Empereur et sa famille prisonnière. La prison est un endroit difficile d’accès, assez froid, sans confort. Une table et une chaise meublent la pièce du garde. Sur le mur, une planche sert d’étagère avec quelques gobelets, des écuelles en métal, des pichets. Une réserve d’eau est accrochée au mur. Normalement très peu d’eau et de nourriture étaient données aux prisonniers mais là, on faisait exception, on traitait mieux l’Empereur et les siens que celui-ci ne traitait ses prisonniers, souvent enfermés pour des pacotilles. Cette visite rend le gardien tout heureux. En général, personne n’aime venir ici, mais la situation est particulière. Tous les deux commencent à rêver à la fin de ce cauchemar. Ils espèrent que les Orwaniens les laisseront repartir chez eux sans trop de peine. Ils critiquent l’Empereur et ses méthodes néfastes. Le visiteur a même apporté une boisson alcoolisée pour fêter la paix. Joyeusement, ils trinquent et se voient déjà entourés par leur famille. 

- Bon, je vais retourner à mon poste pour savoir ce qu’il en est, annonce le visiteur.

Il passe derrière le gardien sans défense et lui assène un coup  sur la tête avec sa bouteille en grès. Celui-ci s’écroule sans un cri. L’individu lui prend ses clés et se dirige vers les prisonniers de marque. 

- Vite, s’exclame t-il. Le Commandant pactise avec les Orwaniens.

- Les femmes et les enfants resteront ici en attendant notre victoire, ordonne l’Empereur qui en profite pour féliciter ce fidèle soldat.

Mais la femme de l’Empereur, habituée au luxe et à se faire servir comme une princesse n’est pas de cet avis. Elle veut regagner ses appartements immédiatement, ne plus rester sur cette paillasse infecte, sans confort et sans hygiène.

- Un bon bain parfumé, réclame t-elle, quel bonheur !

Les autres femmes, plus raisonnables réussissent à la convaincre. Une quinzaine d’hommes remontent doucement l’escalier. Le soldat ouvre la marche. Il a réussi à cacher des armes avant de rendre visite au gardien.

Le premier obstacle est franchi, sortir des cellules. A présent, il faut récupérer les armes, ce qui se fait très rapidement.

- Nous allons monter jusqu’en dessous de la plate forme, passer par l’escalier qui conduit à la salle à manger, nous nous préparerons dans le hall d’entrée. Tous ceux qui seront abattus devront être cachés immédiatement. Il faut ramener plusieurs indécis, conseille le soldat, responsable de l’évasion de l’Empereur. 

Les hommes prennent les équipements et les costumes militaires aux imprudents, qui, sans méfiance, tombent dans leurs mains en voulant se défendre et non se soumettre. Plusieurs hommes convaincus les rejoignent. Ils commencent à former un petit groupe d’une trentaine de personnes.

- L’effet de surprise et leur occupation à parlementer avec l’ennemi vont nous être favorable. Nous allons reprendre les commandes du vaisseau et anéantir tous ceux qui veulent nous tenir tête, lance l’Empereur.  

Un des deux hommes de Rissousse resté dans l’appareil, descend pour se rendre compte de la situation. Il voit un individu monter l’escalier, regarder à droite puis à gauche, semblant se dissimuler. Aussitôt, il prévient son ami resté à son poste et revient se cacher. Le deuxième Orwanien se précipite vers une autre cachette. Heureusement, car les anciens prisonniers se dirigent vers leur appareil.

- Il n’y a personne, constate l’Empereur. Ils doivent être tous en bas, tant mieux ce sera plus facile. Dix hommes vont descendre, et nous, nous nous rendrons dans la salle des commandes pour donner l’ordre d’abattre ces maudits Orwaniens qui nous ont tenu tête. L’effet de surprise nous sera favorable.

Sur ces mots, l’Empereur, le sourire aux lèvres, se dirige vers la salle des commandes.

Quand Rissousse annonce au Commandant Keplok que l’Empereur a été libéré et qu’il se dirige vers la salle des commandes avec dix huit hommes bien décidés et qu’également douze hommes descendent l’escalier pour les abattre et reprendre le pouvoir, le pauvre Keplok n’en revient pas. Rissousse le regarde en colère et lui demande de donner des ordres à ses hommes complètement décontractés et insouciants et de prévenir la salle des commandes de cette attaque imminente. 

La surprise passée, le Commandant informe rapidement ses hommes et veut téléphoner à son remplaçant mais les fils ont été sabotés. Le Commandant panique.

- Impossible de les prévenir, annonce t-il en essuyant son front perlé de sueur.

- J’ai donné des conseils à mes deux compagnons, ils feront le nécessaire, assure Rissousse.

Vincent a reçu l’ordre de régler son pistolaser afin de blesser et non de tuer l’adversaire. Il peut donc viser et tirer sans état d’âme.

- Attention !

A ce moment la porte vole en éclat et les fidèles de l’Empereur font irruption dans la salle comme des diables.

Des coups de feu tirés des deux camps partent en même temps. Un homme de l’Empereur tire sur Vincent mais un Nacoubas se jette devant lui pour le protéger et reçoit la balle.

Les fidèles de l’Empereur sont surpris. Ils devaient facilement être victorieux de tous ces traîtres et ce sont eux qui sont tués ou blessés. Un combat éclair…

Le Commandant regarde Vincent soutenant la tête du blessé. Un docteur Nacoubas se penche sur lui mais ne laisse aucun espoir. Vincent supplie Rissousse.

- Tu peux, je t’en prie !

Le Commandant admire Rissousse et se demande d’où il tient son pouvoir de divination et comment un être si petit vis-à-vis d’eux et que l’on a envie de protéger peut être si puissant et supérieur à eux qui se croyaient invincibles.

- Je vais essayer, souffle Rissousse qui s’accroupit devant le blessé.

Le docteur est persuadé que tout est fini. Il voit Rissousse poser une main sur son cœur et l’autre sur le cœur du blessé pendant une longue minute. Ensuite Rissousse désinfecte la blessure, prend un petit tube dans sa poche à l’intérieur duquel se trouvent un liquide et une épine qu’il enfonce dans la blessure. Avec une petite pince, délicatement, il retire la balle et verse le reste du liquide contenu dans le tube sur la plaie. Un gémissement sort de la bouche du colosse allongé.  

- Ne le bougez pas, ordonne Rissousse. Mettez-lui quelque chose sous la tête mais laissez-le ici pendant quelques heures.

Regardant le docteur, Rissousse plaisante.

- Vous verrez que d’ici peu votre soi-disant mourant sera debout, pas en forme c’est sûr mais il pourra se déplacer légèrement, et dans dix jours ça ne paraîtra plus.

Le docteur des Nacoubas se renseigne du produit contenu dans le tube.

- Vous voulez voler nos secrets, fait remarquer Rissousse, en riant. C’est tout simplement de l’huile de millepertuis mélangée avec une herbe analgésique ce qui facilite la cicatrisation et supprime la douleur. Nous devons ces remèdes à notre Grand Maître et à tous les femmes et hommes sages.

Tandis qu’un premier groupe d’hommes de l’Empereur attaquent les partisans de la paix, l’Empereur et ses acolytes se dirigent subrepticement vers la salle des commandes. Déjà les hommes de Rissousse ont neutralisé deux retardataires. L’Empereur méfiant place deux guetteurs  dans certains lieux afin qu’ils donnent l’alerte ou qu’ils suppriment ceux qui se déplacent dans ce secteur leur appartenant désormais.

Les sympathisants de l’Empereur, en faction, sont anéantis chacun leur tour. L’Empereur commet sa dernière erreur. Il donne l’ordre à ses hommes de tirer sur les nouveaux responsables pour impressionner les leurs qui se sont rebellés et pour les faire revenir dans le droit chemin. Entendant un tel ordre, les deux Orwaniens tirent et abattent l’Empereur et ses fidèles. Sans bruit et sans que personne ne les voit, ils retournent dans leur appareil et attendent la suite des évènements. Rissousse a toujours suivi les péripéties de ses hommes grâce à la télépathie. 

- Commandant Keplok, nous pouvons continuer notre conversation, la salle des commandes est sauvée, fait observer Rissousse. Faites retirer les cadavres. Pour la suite de votre mission, c’est mieux ainsi. L’Empereur était un être incorrigible, il n’aurait jamais changé, et prisonnier, ses fidèles vous auraient sans arrêt attaqués pour le libérer. Il reste les femmes et les enfants. Je souhaite qu’ils vous suivent sans chercher à vous nuire.

 

Dans la prison, le gardien s’est relevé, tout éberlué, ne comprenant pas ce qui lui est arrivé. Le sang coule de sa tête et sa vue est troublée. La femme de l’Empereur, méprisante, lui adresse des mots blessants.

- Idiot ! Tu t’es bien fait avoir, mon mari a repris les commandes. Lorsqu’il reviendra pour nous sortir de là, tu auras les soins que tu mérites.

Le blessé comprend mal. Il veut se venger, il arme son fusil et tire dans la direction des cellules à l’aveuglette, sans distinction. Il entend le hurlement des femmes et des enfants mais continue son geste fou puis l’homme s’écroule sans vie sur le sol. C’est le silence complet, plus un cri, plus une plainte. Un carnage provoqué par des paroles de haine qu’un peu de diplomatie aurait pu éviter mais ce n’était pas le genre de la famille impériale.

Tout à coup, un gémissement se fait entendre puis des pleurs, il y a tout de même des survivants dans cet enfer. Il faut aller chercher du secours. Une femme blessée à l’épaule veut venir en aide aux autres mais seule c’est impossible. Elle ouvre la porte de la cellule qui a été fracassée par les tirs, remonte l’escalier qui lui semble sans fin mais il faut faire très vite. Arrivée au premier étage, elle crie, espérant se faire entendre, en vain. Elle se retrouve au dessus de la plate-forme où sont les deux Orwaniens qui préviennent immédiatement Rissousse.

- Une femme blessée appelle au secours, s’écrie Rissousse qui se précipite, suivi de Vincent et du Commandant Keplok. 

Avant de s’évanouir, elle a le temps d’expliquer rapidement la situation. Un infirmier la prend en charge. Le Commandant avertit docteurs, chirurgiens et infirmiers. Vincent et Rissousse se dirigent vers les blessés. Quant aux deux Orwaniens, ils doivent pour l’instant rester dans l’appareil en observation. Lorsque les sauveteurs arrivent, le spectacle est tellement horrible qui ne savent où donner de la tête.

- Allez chercher des couvertures, la pharmacie d’urgence, improvisez des brancards. Tous s’affairent pour donner les premiers soins.   

Le chirurgien opère après avoir fait une piqûre de morphine. Sans hygiène, il y a des risques mais il faut essayer.

- Nous n’avons plus rien pour endormir les blessés que nous devons soigner, annonce le chirurgien.

Rissousse appelle ses deux observateurs et leur demande de venir avec leur médecine. Avec ces anesthésiants, ils peuvent de nouveau opérer, recoudre sans que les victimes éprouvent le moindre mal.  

Des mamans se réveillent, crient après leurs enfants, demandent des nouvelles, tandis que des enfants à peine conscients appellent eux aussi leur maman. Tous ceux qui peuvent être transportés sont remis au bon soin des soldats qui servent de brancardiers. Les enfants sont portés à bras avec beaucoup de précaution.

 

Dans la salle des commandes des bruits suspects ont été entendus. Des hommes en faction, à côté des machines se précipitent, ouvrent la porte et à leur grand étonnement, ils découvrent l’Empereur et ses fidèles qui gisent sans vie.

- Qui a fait ça ? lance un Nacoubas. Ils ont l’air d’avoir été transpercés par un éclair.

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Lundi 6 avril 2009

8

LA CAPTURE DES TERRIENNES

 

 

- Couchez-vous ! lance un Orwanien en poussant brutalement Audrey et Elisabeth  qui se retrouvent allongées à terre sans avoir compris ce qui leur arrive. Le choc a été rude, elles récupèrent doucement.

Les hommes s’éloignent en tirant. L’un d’eux est tué et il y a plusieurs blessés. Wyrisse se précipite sur Audrey et Elisabeth pour les aider à se relever mais elles sont entourées par l’ennemi au grand désespoir de Chanysse, qui, impuissant, surveille la scène de loin.

Audrey commence à parler à ces inconnus tout en frappant régulièrement sur le sol. Elle est imitée par Elisabeth.

- Comme vous êtes grands ! clame Audrey. Pourquoi n’avez-vous pas de cheveux ? Et vous n’avez pas la même couleur de peau que nous. 

Les Nacoubas sont surpris car ils ne comprennent pas les paroles d’Audrey. Le responsable du groupe, Wourke, contacte l’Empereur de la planète Nacouba.

- Empereur, nous avons des prisonniers bien jeunes et nous ne comprenons pas leur langage. 

- Utilisez votre décodeur vocal pour comprendre l’Orwanien. Vous savez vous en servir au moins ? Nos meilleurs spécialistes ont travaillé sur ces appareils.

 

Pendant cette courte interruption de vigilance, Wyrisse réussit à s’éloigner mais les hommes ont vite vu son stratagème.

- Je vais la ramener » dit l’un d’eux, en riant.

Il s’approche de Wyrisse, quand, surgit des herbes, un cobra qui lui crache son venin dans les yeux. Celui qui se croyait si fort se tord de douleur à présent.

Le cobra cracheur n’a pas le temps de le mordre car Wourke s’est servi de son arme et l’a abattu. Wyrisse profite de cet accident pour s’enfuir.

- Que se passe-t-il ? Qui pousse ces hurlements ? demande l’Empereur de Nacouba, toujours en contact avec les siens

- C’est un des nôtres, déclare Wourke. Il a reçu un liquide dans les yeux, provenant d’un animal très long et sans patte. Je n’ai jamais vu ça. 

Il se garde bien de parler de celle qui vient de s’échapper et il continue la conversation avec l’Empereur.

- Il y a un problème. Les deux prisonnières que nous avons capturées n’ont pas d’aile. 

- Quand nous aurons envahi cette planète, les responsables espions seront exécutés pour haute trahison. Ils ont fait n’importe quoi en nous affirmant qu’ils volaient, qu’ils n’avaient pas d’arme et que nous pourrions comprendre leur langage. C’est tout le contraire… s’insurge l’Empereur.

- Attendez, s’écrie Wourke,  un des leurs est mort. Ils l’ont laissé sur place, nous allons l’examiner lui et son arme. 

Il envoie un soldat qui craint une mauvaise rencontre avec cette  drôle de bestiole. Il se penche sur son ennemi Orwanien mais il est foudroyé en voulant prendre l’arme qui explose. Du haut d’un arbre, les amis du défunt ont tiré sur leur cible pour que l’envahisseur ne connaisse pas leur secret.  Etonnés, les Nacoubas croient que cette explosion est responsable de la mort du soldat. Ils s’approchent afin d’examiner leur ennemi Orwanien, et là, ils s’aperçoivent, qu’en effet, celui-ci possède des ailes membraneuses. A force de recherches, l’un d’eux commence à décrypter le langage que les enfants utilisent et qui n’est autre que la deuxième langue des Orwaniens.

- Ne me mentez pas, vous êtes nos prisonnières. Que faites-vous ici ? leur demande en français et d’une voix saccadée le Nacoubas, avec l’aide du traducteur vocal. 

- Nous ne connaissons pas cet endroit, affirme Elisabeth. Nos amis sont venus nous chercher. Nous avons vu l’attaque des cobras. Ce sont des animaux très dangereux. Nous nous sommes approchées et c’est là que vous êtes arrivés, c’est tout. 

Prenant contact avec l’Empereur, le responsable du groupe, Wourke, fait son rapport.

- Empereur, nous réussissons à comprendre nos prisonnières. Elles étaient là par hasard, perdues. Les adultes, sont sans doute venus les chercher. Ils ont assisté à l’attaque des cobras et c’est à cet instant que nous avons capturé les jeunes et tué l’un des leurs. 

 - Dommage que vous ne les avez pas tous tués ou faits prisonniers. Prenez la direction du camp principal, nous reprendrons contact plus tard, décide l’Empereur. 

- Tout va bien ! s’écrie t-il, un rictus de plaisir aux lèvres. Bientôt cette planète m’appartiendra et je pourrai exercer à nouveau mon pouvoir sans limite, ah, ah, ah, ah, ah…

C’est au moment où son rire bestial prend fin que la destruction totale de sa base au pôle nord lui est annoncée. Il est fou furieux. Comment ces minus ont-ils réussi à détruire un pareil matériel de guerre ainsi que ces soldats entraînés au maximum ? Une seule pensée le hante à présent. Nous allons nous venger. Il vocifère les ordres aux soldats.

- Armez tous les vaisseaux, renforcez la sécurité et surtout pas de quartier, qu’ils flambent tous !

Rissousse et les siens ont entendu ce qui se trame et savent qu’Elisabeth et Audrey sont prisonnières. Mais la flotte de l’empereur est trop dangereuse. Ils ne peuvent pas abandonner les autres combattants pour aller à leur secours. Surtout que Rissousse est responsable de la mission.

 

Au sol, Audrey et Elisabeth, les deux prisonnières marchent vers le campement principal. Chanysse les suit de loin et communique avec les siens. Il apprend que les trois blessés soignés sur place grâce aux herbes et à l’argile ont été transportés par des Orwaniens sur des brancards improvisés jusqu’à la caverne. Les autres se regroupent. Ils attaquent le camp principal en catapultant des pierres posées sur les branches de  jeunes arbres. C’est Vincent qui leur avait appris cette ruse lors du combat avec les oiseaux. Ils veulent faire diversion pour que les Nacoubas ne massacrent pas tout ce qui bouge avec  leurs vaisseaux spatiaux. Le piège réussit. Lorsque les pierres tombent autour des envahisseurs  les blessant légèrement, c’est un éclat de rire qui fuse et des moqueries primaires. Les victimes prennent leurs fusils en criant.

- En avant tous, nous allons leur apprendre à se battre !

Ils avancent sans penser que les Orwaniens, des arriérés pareils, puissent les conduire droit vers leur défaite. Ils se dirigent tous ensemble vers l’endroit d’où viennent les pierres pour donner une leçon à ces guerriers ignorants.

 

Les Orwaniens se sont déployés de chaque côté, formant un demi-cercle en se rapprochant des vaisseaux non surveillés. Sans pitié, les hommes ailés commencent à leur tirer dessus, non pas avec des pierres mais avec des fusils aux rayons meurtriers. Ces êtres immondes se retrouvent anéantis ne sachant que faire. Ces grands guerriers, trop sûrs d’eux qui pensaient à une victoire facile… Leur rêve se transforme en cauchemar. Les Orwaniens ne leur font pas de cadeau et tirent chacun leur tour, ceux de l’est, repris par ceux de l’ouest et enfin ceux du nord.

A la fin de cette bataille, avec précaution, leur fusil prêt à fonctionner de nouveau et vérifiant s’il n’y a pas de blessé ou d’isolé pouvant encore tuer, les vainqueurs ailés inspectent les corps inertes de leur ennemi. Vincent n’a-t-il pas dit qu’il ne fallait jamais sous-estimer un adversaire. Tout va bien, il n’y a aucun survivant. Wyrisse annonce la bonne nouvelle à son père et à Vincent.

- Nous avons leurs vaisseaux spatiaux, annonce Wyrisse. Nous allons tout cacher. Je ne pense pas qu’ils aient pu prendre contact avec le groupe qui détient Audrey et Elisabeth. Nous savons qu’ils viennent par ici. Ne vous en faîtes pas, nous serons prudents. Je vais communiquer avec Elisabeth qui a toujours sa boucle d’oreille et nous coordonnerons notre attaque avec leur évasion.

Elle ne parle pas de Chanysse qui lui aussi participe à la lutte finale. Son père risquerait de ne plus se concentrer sur la conduite de son appareil et de commettre des erreurs de pilotage qui pourraient leur être fatales.

Elisabeth a entendu Wyrisse grâce à son émetteur auditif placé dans sa boucle d’oreille. Pour ne pas éveiller les soupçons de leur geôlier, elle chante une douce mélodie en prononçant des paroles que seule Wyrisse peut comprendre. Des mots qui ne sont rien d’autres que des questions indispensables pour une bonne coordination à leur fuite. Audrey aussi chante une complainte.

- Je ne suis pas rassuré, s’inquiète un geôlier, avec cette bête qui a aveuglé Starche. Il souffre toujours et ne voit presque plus rien, on dirait que c’est définitif. Soudain, il pousse un ouf de soulagement. Le campement apparaît au loin. Ils distinguent le haut des appareils entre les taillis et les arbres. Ils s’avancent un peu plus rapidement, Audrey et Elisabeth se plaignent de l’allure.

- Vous allez trop vite, gémissent-elles.

Mais rien n’y fait.

Pendant ce temps, Chanysse, avec l’aide de ses amis, pose une pierre dans un gros filet pour la suspendre à une branche. Ils attendent le passage des prisonnières et plus précisément celui du dernier soldat, responsable des deux captives. Arrivés à hauteur du piège, Chanysse envoie un signal codé à Audrey et Elisabeth leur indiquant de se coucher tandis que la pierre libérée frappe violemment sa cible. L’homme s’écroule sans un mot. Les deux aventurières se faufilent dans les hautes herbes avant de se sentir prises à bras le corps et élevées dans les arbres touffus par leurs amis Orwaniens.

N’entendant plus de bruit derrière eux, ceux qui se réjouissaient d’être arrivés à destination sans encombre, restent pétrifiés en voyant le responsable des prisonnières au sol, immobile et sans la moindre trace des deux filles.  Ils pointent leurs fusils, mais tirer sur qui et dans quelle direction ? Dans les herbes, les arbres ? La panique s’empare d’eux. Le radio essaie d’envoyer des SOS mais personne ne répond. Le campement principal reste muet. Quelques rayons mortels venus du haut des arbres les frappent à leur tour puis, plus rien, un silence impressionnant remplace les cris et les hurlements de ces agresseurs sans pitié, partis rejoindre le royaume de la nuit éternelle.

Wyrisse, en contact permanent avec son père sait que le combat aérien n’est pas terminé. Avant l’ultime bataille, elle communique avec lui.

- Ici, tout va bien ! Audrey et Elisabeth sont saines et sauves avec nous. L’envahisseur est exterminé. Que la victoire vous soit acquise !

Des cris de joie fusent de chaque vaisseau ami. A présent, seul le dernier affrontement va monopoliser toute leur attention.

 

Le maître d’un village observe l’infini dans le télescope et reste en contact avec Rissousse grâce au pouvoir de la télépathie. La flotte spatiale continue de progresser parmi un champ de météorites. Quand le maître du village les prévient de l’arrivée imminente de l’armée de l’Empereur.

- Je vois une trentaine de vaisseaux entourant celui de leur Empereur, une véritable station spatiale. Les météorites peuvent vous être utiles. Attention ils vous ont repérés.

La rencontre est brutale car ils sont attendus. Rissousse est pris en chasse par un missile tiré d’un vaisseau ennemi. Grâce à son réflexe, il frôle une météorite que le missile percute et désintègre. Vincent aussitôt vise le responsable et le fait exploser sous les acclamations des quatre occupants.  « Attention là ! » Mais c’est trop tard, si les amis de Rissousse ont bien réussi leur tir, le vaisseau ennemi n’a pas loupé sa cible non plus. C’est la loi de la guerre et la lutte continue. Rissousse donne des ordres à dix de ses vaisseaux pour qu’ils restent à l’arrière afin de surprendre l’ennemi qui franchit la première ligne. Le piège réussit, deux adversaires ayant abattu leur cible, reviennent dans le combat pour périr sous les rayons mortels de la ligne arrière de la flotte de Rissousse.

L’Empereur se défend avec l’énergie du désespoir. Il sait à présent que tout est perdu pour lui. Il n’y aura aucun pardon et c’est la lutte à mort. Il est prêt à vendre chèrement sa triste vie. Il réussit à abattre quelques téméraires qui se sont sacrifiés afin que les autres viseurs atteignent un point stratégique. Il panique. Il avait prévu un envahissement total, rapide de la planète convoitée mais il se rend compte que la stratégie et les armes des Orwaniens sont plus perfectionnées que les leurs. Ils sont en avance d’une guerre. Il ne peut plus reculer. Il avait promis une nouvelle vie sur une planète de rêve et tout s’acharne contre lui. Son excuse ? Il a commandé des incapables !

Où les Orwaniens ont-ils eu ces armes ?

Et pourquoi ses espions n’ont rien découvert ?

Un choc vient le sortir de ses pensées. L’énorme vaisseau a heurté une météorite. Quelques dégâts sans plus. La colère s’empare à nouveau de lui.

- Tirez et surtout atteignez-les ! hurle-t-il.

Puis, il donne des ordres pour le repas. Certains de ses responsables commencent à se révolter. Ce n’est plus possible. Petit à petit, la rébellion couve. Le Commandant du vaisseau complote avec d’autres responsables qui ont leurs hommes bien en main. Surtout que beaucoup d’entre eux ont laissé leurs familles, sans aide, sur une planète polluée et malgré les promesses de l’Empereur, ils sont à présent persuadés qu’il n’est pas question de retour. Quelques femmes et enfants sont bien présents mais appartiennent tous à la même famille responsable de tout ce gâchis.

Quelques signes, des regards et tout se précipite... Les hommes armés du Commandant Keplok entrent dans la grande salle où l’Empereur et les siens prennent leur repas en plaisantant et en parlant d’un avenir meilleur. Le Commandant Keplok prend la parole.

- C’est terminé Monsieur. Je vous prie de vous rendre sans résistance.

Un des hommes, avec le Commandant fait un signe à l’Empereur. Celui-ce comprend qu’il a encore une petite chance, tout n’est pas perdu…

- Très bien, Commandant, je suis résigné. Nous vous suivons sans verser inutilement le sang des nôtres. Pas la peine que je vous fasse la promesse d’oublier ce que vous venez de faire. Je vous laisse le commandement et nous dirons que c’est… voyons… le stress qui vous a fait commettre un tel acte.

Mais le Commandant n’est pas dupe.

- Je regrette Empereur mais la lutte devient difficile et inégale. Ils sont beaucoup plus forts que nous et toutes ces guerres deviennent insupportables. Suivez-nous.

Moi, Commandant Keplok, je prends sous ma responsabilité la suite des évènements.  

Entourés de soldats armés, les prisonniers exécutent les ordres en silence. Ils descendent les escaliers jusqu’à la prison du vaisseau. Deux cellules pour les hommes et trois pour les femmes et les enfants.

- Vous resterez ici le temps des négociations, ensuite nous aviserons, dit le Commandant.

Un des soldats présent est désigné pour garder les cellules. Le Commandant lui recommande de se méfier…

Le soldat armé devra monter la garde et satisfaire les prisonniers en eau et nourriture pour que ces hôtes de marque ne manquent pas de l’indispensable.

 


 

Par plume2cristal - Publié dans : LES TROIS AVENTURIERS - TOME 1 - Communauté : poésie en vrille et en vrac
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Mardi 24 mars 2009

L E   G I B I E R

 

J’ai tant de choses à te dire mon ami, mais toi, tu ne le sais pas. J’ai tant de choses à t’avouer mon ami, mais toi, tu ne sembles pas perturbé, tu me regardes avec un sourire, et mon petit cœur est aux abois. Il aimerait te capturer et te garder rien que pour lui. Alors, quoi faire : l’avouer ou garder la vérité ?

Non, non, une voix me chuchote : il faut se taire.

J’aimerais tant te sentir en moi, m’enivrer de ton parfum qui réchauffe mon âme

Et me laisser bercer par la chaleur de tes bras musclés. Tu ne pourras donc jamais répondre à mes demandes car jamais tu ne sauras comment je t’ai désiré !

Mes lèvres s’écartent mais ne disent mot, je viens de recevoir un baiser sur ma peau.

- Etonnée ? Comment vas-tu aujourd’hui ? Me demanda t-il.

- Bien, je te remercie mon ami.

Puis, mes pas s’éloignent de toi

Pour cacher la rougeur qui s’impose à cause de ce combat.

 Et bien ça alors, en arriver là ! Quel gâchis… 

Pourtant, tu restes toujours aussi proche de mon cœur.

Quelle attraction, quelle malédiction ! 

Je fais mine de tourner mon visage et soudain…

Un face à face… ennuyeux car je ne m’y attendais pas.

Brûlant d’amour pour toi, je veux te caresser

Mais ta présence m’entraîne vers des pensées perverses.

Oh, catastrophe ! Une pivoine surgit et colore mes pauvres joues jolies.

Tant pis, je dois réagir sinon je sens qu’elles vont se mettre à cuire...

- Tu m’as fais peur mon ami, regarde je sens la chaleur de mes joues…

- Oui, tu sais c’est l’habitude d’un chasseur ;

Capturer sa proie sans qu’elle ne s’en aperçoive, s’exclama t-il.

Bien, et flûte, si tu savais comment je pourrais me débattre

Et faire progresser la partie.

- Oh ? Et serais-tu à l’affût ? Lui demandai-je pour poursuivre la conversation…

- Non, pas avec toi, tu le sais bien !

Mmm, c’est dommage. D’ailleurs, pourquoi le saurais-je,

Qu’ai-je donc de moins pour ne pas être considérée comme un gibier à savourer ?

Tout est à déguster, à apprécier, à aimer.

Pas de limite, il faut profiter de la vie, surtout quand le gibier est prêt à être chassé !

- Oui, mon ami… Où avais-je la tête ?

- Un gibier ça se respecte, il doit se sentir convoité pour mener à bien la partie de   chasse !  me répondit-il.

 

Et bien toi, un jour… un jour oui, tu verras,

On inversera les rôles,

Ne me voulant pas comme gibier tu seras ma proie.

Et moi je te chasserai, crois-moi.

Le non gibier devenu chasseur, n’a plus de pitié pour un futur condamné…

Et tu seras devant moi,

Affamé et usé

Alors, c’est à ce moment là

Que j’en profiterai pour te charmer

Et ensemble, chasseur et gibier

Nous entamerons un jeu de volupté

Où nos corps engagés

Ne pourront s’arrêter de danser

Et nous serons enchantés d’avoir pu accomplir

Cette partie de chasse sans qu’aucun de nous

Ne puisse à en souffrir mais plutôt à en rire.

 

Le chasseur sachant soit disant chasser le gibier

S’est agenouillé devant la chair

Pour la charmer avec ses joyaux

Gentiment joufflus

Et a généré chez l’animal traqué

Un gémissement de jalousie.

Le chasseur ajuste avec générosité

Son arme gigantesque et pan…

Mais le gibier fait mine d’être blessé,

Il gît ainsi sans aucune gestuelle.

Car justement, il cache un subterfuge.

Quel châtiment va –t-il sortir de son chapeau

Et qui le chatouille goulûment ?

Grâce, le glas a sonné.

Enchanté du coup qu’il vient de porter au chasseur chavirant de tous côtés,

Il l’enchaîne puis le traîne pour le cacher et le manger sans être dérangé.

Le jeu se termine ainsi.

Oh ! Le chasseur s’est trompé…

Dans son allégresse, il  s’est condamné, quelle tristesse...

 

Ne jamais croire que le gibier est faible car vous pourriez  y laisser votre âme enchanteresse…

La convoitise est un délice exquis que l’on peut déguster mais avec modération pour ne pas subir les supplices et les caprices des démons qui nous guettent

et nous choisissent…comme g i b i e r.

 

Auteur : Enrika AVISSE

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Mardi 24 mars 2009

7 - LA GUERRE SUR ORWANIA

 Tout le monde est d’accord, bien que la guerre leur soit totalement inconnue, ils ont vite compris le principe : tuer ou être tué ! Une vérification des engins interplanétaires se poursuit : les armes ? OK. Le carburant ? OK. D’après l’étude des documents, ces armes étaient redoutables en puissance, efficacité mais sans radioactivité donc sans terribles maladies pouvant survenir sur toute la planète comme au temps jadis.

- Vous avez des vivres et de l’eau ! Ils ne vous attendent pas puisqu’ils pensent que nous sommes sans défense. Soyez prudents. Pas de lumière pour ne pas être repéré. Mettez tous vos lunettes infrarouges. Partez ! Et que la paix nous retrouve tous unis et heureux, conclut Lyrisse. 

Les uns derrières les autres, les petits engins interplanétaires s’envolent par la grande salle du télescope. En quelques secondes, de nouvelles petites étoiles brillent dans le ciel pour disparaître en direction de la zone polaire afin de neutraliser l’ennemi.

Pendant ce temps, Elisabeth et Audrey aident les habitants à se mettre à l’abri dans cette vaste salle. Les petits villages si agréables à vivre deviennent, les uns après les autres complètement déserts. Seuls, les vieux sages et le Grand Maître ne veulent pas partir. Ce dernier prévoit que des éclaireurs ennemis vont chercher à se poser près d’ici. Aussi, tous se réunissent pour amplifier leurs pouvoirs. Ils se concentrent au maximum. Ils usent de télékinésie et de télépathie pour imposer aux vaisseaux spatiaux de Nacouba de se séparer et d’atterrir à plusieurs endroits. Le Grand Maître pense que multiplier les points de combats facilitera la lutte des Orwaniens qui ne sont pas habitués à se battre.

 

Sur la colline interdite, dans la grotte, c’est la terreur. Les habitants, chacun leur tour, surveillent le ciel, grâce au télescope. Tout à coup, l’un d’eux s’écrie :

- Ils arrivent, ils vont atterrir à quelques kilomètres d’ici, il va falloir se battre au sol, comment allons-nous faire ? 

- Il faut protéger le village des hommes et femmes sages et le Grand Maître, proclame le maître d’un village. Des engins ont atterri à côté d’eux. Pour l’instant notre Grand Maître me dit de ne rien entreprendre pour eux. Ils ont la situation en main.

 

Les efforts des vieux sages et du Grand Maître sont récompensés. Deux appareils les survolent rapidement et reviennent se poser lentement à proximité du village. Les portes des appareils s’ouvrent et des grands gaillards venus de la planète Nacouba sortent avec des armes à la main, en combinaison et masque d’astronaute qu’ils retirent, trop incommodés par la chaleur tropicale et perpétuelle de cet endroit. Ils s’approchent des vieillards et demandent, grâce à leur décodeur vocal s’ils sont seuls.

- Vous le voyez bien, répond le Grand Maître. Je suis le responsable de cette communauté.

- Où sont les autres ? demande un ennemi.

Le Grand Maître répète ce qu’il vient de dire.

- Nous sommes seuls, ils sont partis chercher de la nourriture.

- Ils reviennent quand ?

- Peut-être dans deux ou trois heures…

- Et avez-vous à manger ? continue d’interroger le responsable ennemi.   

- Mais bien sûr, je vous en prie. Le Grand Maître se fait tout humble. Il sait que seule la ruse viendra à bout de ces brutes. Mais vous ne pouvez rentrer chez moi, ma maison est vraiment trop petite, je vous propose le laboratoire, plus haut et spacieux, dans lequel nous cultivons et étudions des arbustes. Ne vous inquiétez pas, dans ce laboratoire, il y a des tabourets robustes et une table. 

Le responsable des envahisseurs, Gréterk, contacte l’Empereur, pendant que le Grand Maître prépare assiettes, verres, couverts. Un homme sage fait cuire des champignons avec différentes plantes aromatiques et de la viande. Les envahisseurs sont étonnés de l’accueil. Du vin de noix de plus de dix ans d’âge réservé normalement à usage  médical leur est servi.

- Nous avons bien atterri à côté d’un village, annonce Gréterk à l’Empereur. De petits vieux inoffensifs nous ont reçus. Leur courage est à leur hauteur, petit petit, ce ne sera pas difficile de les mettre à genoux. 

Avant de prendre le repas, les envahisseurs se méfient et exigent que les hommes sages goûtent la nourriture

- Goûtez avant que nous mangions.

- Merci, nous avons déjà mangé et nous n’avons plus faim, répond le Grand Maître.

Ces paroles ne rassurent pas Gréterk qui commence à s’énerver.

- Mangez c’est un ordre. Il choisit un morceau de champignon dans chaque assiette afin de tester cette nourriture trop facilement offerte et force plusieurs vieux sages à manger. Il attend et fait ouvrir la bouche des goûteurs pour vérifier s’ils ont bien avalé. Après quelques instants et ne voyant aucun signe de malaise, ils se laissent tenter par la nourriture à l’odeur si appétissante. Gréterk plaisante avec ses hommes.

- Mangez bien, c’est notre premier repas sur cette planète. C’est très bon et ils ont du bon vin ! Je crois qu’ils ne se rendent pas compte. Ils nous prennent pour des amis. Regardez-les, ils n’ont pas l’air ni dangereux, ni intelligents. Notre tâche sera facile.  

Sans grande distinction, les ennemis engloutissent leur repas, en redemandent ainsi qu’à boire. Le Grand Maître reste à observer ces individus sans éducation qui se permettent de faire des réflexions blessantes. Après leur bon festin arrosé de vin de noix, les rassasiés tombent dans un profond sommeil.

- Nous allons les saucissonner mais cela ne sera pas très facile car ils sont vraiment forts, est obligé de reconnaître un homme sage.

- La seule chose à faire est de réduire leur agressivité à néant, ils doivent perdre toute notion guerrière. Si nous réussissons, nous les garderons, sinon, ils devront disparaître.

Cette décision prise, le Grand Maître se place derrière un dormeur, prend une longue épine venant d’un cactus, la trempe dans un produit spécial et l’enfonce doucement avec une grande précision derrière la base du crâne jusqu’à la cellule du cerveau responsable de cette agressivité. L’acte terminé, il retire lentement l’épine qui lui servait d’aiguille.

- La suite nous révèlera si nous avons réussi, chuchote-t-il en se préparant à renouveler l’opération. Il prend donc une nouvelle épine pour neutraliser les sept autres guerriers afin de les transformer en êtres pacifistes.

- Prévenons les autres que tout va bien pour nous, déclare le Grand Maître…

 

Après avoir survolé plusieurs milliers de kilomètres, la troupe Orwanienne dirigée par Rissousse arrive enfin à l’extrême nord de leur planète. A force d’exercices, Vincent commence à utiliser plus aisément la télépathie. C’est encore un peu difficile mais plus sûr car aucun appareil ne peut surprendre une conversation. Il n’en est pas de même pour l’ennemi qui discute et plaisante sur leur prochaine victoire.

- Nous nous approchons de l’endroit de leur cantonnement. Eteignez toute lumière commande Rissousse. Vincent, nous te faisons confiance, tire et vise bien.

Après s’être concentré, Vincent vise sa cible. En plein dans le mille. Une explosion retentit, c’est le branle-bas de combat. Tous les soldats qui étaient à l’abri par ce grand froid ne comprennent pas ce qui leur arrive. Dans le ciel, il n’y a rien sauf une multitude d’étoiles, clignotantes et immobiles.

Les responsables, inquiets, donnent des ordres pour éteindre l’incendie.

Les appareils remplis de carburant, explosent faisant des morts parmi les imprudents. Une vraie fourmilière en action. « Il faut sauver tout ce que l’on peut » crient des Nacoubas. Mais la fournaise rend impossible toute récupération d’engins volants.

- C’est certainement une météorite ! annonce un Nacoubas. Préparons le télescope pour scruter le ciel. 

Vincent et les siens entendent les ordres donnés par téléphone. Ils se font un plaisir de stopper net l’observation du ciel en envoyant un rayon laser sur l’appareil.

Les soldats comprennent qu’ils sont attaqués. Mais par qui ?

Ils sont certains que les gens d’ici ignorent la guerre. Tous les appareils espions en ont témoigné et s’ils ont 3 ou 4 vaisseaux interplanétaires, ils ne sont pas armés. Une telle erreur est impossible, en attendant, il faut faire face et prévenir l’Empereur qui doit bientôt quitter sa planète Nacouba.

Les ordres plus ou moins cohérents, sèment plutôt la panique et la dispersion. Ils se précipitent vers les canons pour tirer sur tout ce qui approche. Le ciel a beau être éclairé par un immense brasier, aucun appareil en vue jusqu’au moment où les hommes volants se décident à combattre ces êtres répugnants qui ne pensaient qu’à les tuer ou à en faire des esclaves.

- Je crois que la leçon est sévère, affirme Vincent, mais il ne faut jamais sous-estimer un adversaire.

Et tous ensemble, choisissant une partie du campement,  ils achèvent cette base de maudits avec des éclairs meurtriers.

Pendant un petit moment, les appareils survolent l’immense feu causé par leurs tirs.

- Il ne doit y avoir aucun survivant, ne serait-ce que pour leur épargner une mort lente et pénible décide Rissousse.

Au bout de quelques instants, plus rien ne bouge. A présent, ils peuvent tous rentrer chez eux. Mais une mauvaise nouvelle leur arrive de la colline interdite. L’Empereur, en route pour rejoindre ses soldats a armé tous ses vaisseaux.

Un bref entretien suffit, ils sont tous d’accord pour attaquer la flotte de l’Empereur.

 

Sur la colline interdite, les Orwaniens s’organisent.

- Que ceux qui acceptent de se battre se tiennent prêts à sortir. Préparez-vous et armez-vous ! ordonne un maître.

- Et s’ils contaminent l’eau, nous serons tous malades ! Ce serait bien leur genre ! s’inquiète Elisabeth.

- Tu as raison Elisabeth, tu penses à tout. Il y a des poissons dans un grand bac, et si l’eau est infectée, ils mourront immédiatement car ils sont très fragiles. S’ils réussissent, nous serons donc tous fixés sur notre sort, lance un maître. 

- Nous n’avons pas besoin d’eau ni de nourriture, déclare un combattant inexpérimenté, nous trouverons sur place ce qu’il nous faut.  

- Si, prenez-en, affirme Elisabeth, car vous pouvez être bloqués dans un coin sans pouvoir vous déplacer, on ne sait jamais, et si vous ne vous alimentez pas, vous allez vous affaiblir. Vous devez bien vous cacher et surtout méfiez-vous, vous ne les connaissez pas ! Vous ne les avez jamais vus, ils peuvent être très grands et leurs armes très dangereuses. Ne volez pas, cachez-vous le plus possible, tirez et éloignez-vous aussitôt si vous le pouvez. Faîtes des embuscades, vous les attendrez sur votre terrain.

Les futurs soldats ailés prennent le nécessaire et partent bien armés.

- Nous volerons le plus loin possible, ensuite nous verrons, propose le responsable du groupe.

 

Pendant ce temps, dans la grotte, les maîtres se concertent.

- Nous allons essayer de nous mettre en relation avec nos amis cobras. Entrons en méditation afin de les diriger vers l’ennemi. 

- Il y aura un problème, fait remarquer Elisabeth. Les cobras sont sourds et voient très mal. Ce sont des détecteurs de chaleur qui leur indiquent l’emplacement de leur proie. Nous devons aller au devant d’eux et leur indiquer le chemin de l’ennemi. Il faudra faire diversion en hauteur car sitôt qu’un envahisseur apercevra un cobra, celui-ci n’aura aucune chance, il le tuera avec son arme. 

- Je sais comment faire, dit Audrey, mais il faudra prévenir les nôtres  pour qu’ils ne soient pas effrayés. 

- Audrey, tu m’inquiètes, que vas-tu faire ? interroge Lyrisse.

- Lorsque j’étais en vacances au Pays Basque avec mes parents, j’ai entendu des hommes communiquer dans les montagnes avec différents sons prolongés et stridents. Ces cris sont modulés selon le danger, la salutation, le bonheur, le malheur, et comme j’ai une voix assez puissante, ils m’ont appris leur chant typique.    

- J’aimerais bien entendre ! 

- Je veux bien mais ici, dans la grotte, ça va être très fort alors bouchez-vous les oreilles. 

Et Audrey commence ce cri qui n’en finit pas. Lyrisse, éberlué, fait un signe qui lui impose l’arrêt.

- Mais comment peux-tu produire un son pareil ? 

- Je me suis entraînée au désespoir de mon grand-père car je lui brisais les oreilles. Après un temps de réflexion, elle ajoute, j’aimerais bien embêter mon grand-père, j’espère le revoir un jour.  

En prononçant ces paroles, le visage rieur d’Audrey s’est assombri. Lyrisse comprenant son émoi la rassure.

- Bientôt, tu retourneras chez toi quand tout sera terminé, je te le promets ! 

- Alors, faisons vite, mais nous ne volons pas. Ce sera long et fatigant ! 

- Nous vous porterons sur notre poitrine car sur notre dos vous nous empêcheriez de voler, précise un homme volant.

- Ce que vous faîtes est très dangereux, s’inquiète Lyrisse. Réfléchissez, vous pouvez renoncer, on ne vous en voudra pas. 

Mais les deux aventurières sont contentes d’entrer en action car l’attente dans cette caverne leur semblait trop longue. Wyrisse veut les accompagner.

Deux Orwaniens prennent Elisabeth et Audrey sous eux, bien maintenues par des bras étonnamment puissants pour des êtres aussi minces. Plusieurs hommes suivent l’envol ainsi que Wyrisse, la fille de Rissousse. Ils volent assez bas, ils ont peur d’être aperçus par ces envahisseurs venus d’ailleurs. Ils n’ont aucune idée de leur apparence physique. Enfin de loin, ils voient un campement et quelques spécimens. Ils ont l’air très grands. Après s’être posés et cachés en haut des arbres, Elisabeth, Audrey et leurs compagnons les observent avant de prendre une décision.

- Bien, il va falloir que je descende, décide Elisabeth. Je me glisserai parmi les hautes herbes en tapant le sol avec un bâton pour faire réagir les cobras. 

Un Orwanien lui remet une boucle d’oreille.

- Prends en bien soin, grâce à elle, nous resterons en contact. Surtout, ne la perd pas, vérifie bien qu’elle reste accrochée à ton oreille ! 

Ce n’est pas le campement principal, il n’y a que quelques individus qui se reposent et se ravitaillent. Elisabeth est posée à terre. Elle se munit d’un bâton et tape de façon régulière sur le sol. Quelques cobras à proximité sentent les vibrations et se mettent à ramper dans sa direction. Elle arrive à la limite des hautes herbes, se blottit et attend la suite. Sans l’inquiéter les cobras passent près d’elle. Elle entre en communication avec Audrey, grâce à sa boucle d’oreille.

- Audrey, tu es prête ? Les cobras m’ont dépassée et ils se dirigent vers le camp. Ils sont rien moches ces sales types. Ils ont retiré leur casque, ils n’ont rien sur le visage, les cobras feront des dégâts. 

Audrey se prépare et lance ce cri qu’elle a appris au Pays Basque. Les soldats allongés et plus ou moins décontractés se lèvent d’un bond pour comprendre d’où vient ce cri qu’ils n’ont jamais entendu. Ils se penchent pour prendre leurs armes mais c’est trop tard. A trois mètres d’eux environ, les cobras se dressent, en les apercevant, la terreur se lit sur le visage grimaçant de l’ennemi. Ces criminels qui pensaient être les maîtres de ce nouveau monde…

Les serpents leur crachent du venin dans les yeux. Des hurlements de douleur font écho au chant d’Audrey qui comprend très bien ce qui se passe et se tait. Les cobras ont injecté leur venin mortel dans les bras ou les cuisses des ennemis. Plus rien ne bouge, c’est la première victoire.

La petite troupe vient rejoindre Elisabeth. Ils vont voir à quoi ressemblent ces meurtriers. Ils sont très grands, plus de deux mètres, une carrure imposante, un front bombé, des yeux ronds et globuleux, la mâchoire en avant, aucun poil, ni cheveu, pas même de sourcil, la peau tirant sur le vert leur donne un aspect maladif.

- Ils sont vraiment affreux ! prononce Elisabeth.  

Le fils de Rissousse, interdit de sortie, trouvé trop jeune par la communauté, a réussi à s’échapper. De loin, il voit ses amis mais aussi un groupe d’ennemis, qui, attiré par les cris de douleurs de leurs congénères, s’approche dangereusement des siens et des Terriennes. Il les appelle pour les prévenir du danger mais trop tard, les adversaires les ont repérés au même instant que la petite troupe Orwanienne recevait le SOS de Chanysse.

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